Cameroun : les défis du taxi au féminin

À Douala, Honoré ATOEN conduit son taxi Yango depuis quatre ans pour arrondir ses fins de mois. Entre préjugés, insécurité, embouteillages et coût du carburant, cette mère de deux enfants voit désormais dans la voiture électrique une possible solution pour mieux rentabiliser son activité. 

À Douala, être chauffeur de taxi Yango ou autre taxi ne se résume pas à transporter des passagers. Entre préjugés, commandes annulées, risques d’agression, embouteillages et routes dégradées, le quotidien peut être difficile. Depuis quatre ans, Honoré ATOEN exerce ce métier pour arrondir ses fins de mois. Mère de deux enfants, Honoré s’est progressivement fait une place auprès d’une clientèle qui apprécie son sérieux et sa manière de conduire. À l’arrivée du véhicule, certains passagers sont parfois surpris de découvrir une femme au volant.

 J’ai été étonnée d’entendre la voix d’une femme au téléphone. À son arrivée, j’ai été agréablement surprise. Elle est très polie, la voiture est propre et sa conduite est magnifique. J’ai surtout apprécié qu’elle respecte la ceinture de sécurité.

FALONNE MELO, Cliente 

Mais cette confiance n’est pas toujours au rendez-vous. Certaines commandes sont annulées dès que les clients découvrent qu’une femme est au volant. À cela s’ajoutent des comportements parfois agressifs, qui rendent l’activité plus difficile.

Certains clients ont souvent annulé leur commande lorsque je les appelle pour avoir leur localisation exacte. Dès qu’ils se rendent compte que c’est une femme, ils annulent la course. Nous avons aussi parfois des clients belliqueux, qui ne sont pas toujours sérieux. Il m’est même arrivé d’être confrontée à des tentatives de vol ou d’agression.

HONORÉ ATOEN, Chauffeur de taxi

Et comme si cela ne suffisait pas, les réalités de la circulation à Douala alourdissent encore les charges. Bouchons interminables, routes en mauvais état et consommation accrue de carburant réduisent la rentabilité de ses courses. Sa recette journalière oscille entre 25 000 et 30 000 francs CFA, selon les commandes.

Avec les bouchons et le mauvais état des routes, la consommation de carburant est très élevée. C’est pour cela que je réfléchis à passer à une voiture électrique, afin de réduire mes dépenses et de mieux rentabiliser mon activité. Sinon, je pourrais être obligée d’arrêter la conduite.

HONORÉ ATOEN, Chauffeur de taxi

Pour Honoré ATOEN, la voiture électrique représente désormais une piste pour réduire ses charges et préserver sa recette. Une transition qui pourrait lui permettre de continuer à exercer son métier dans une ville où la mobilité reste un défi quotidien.

Agenda

Bouton retour en haut de la page
logo Africa24tv

CONTACTEZ NOUS

xxxxxxx@yyy.com