Les récentes attaques enregistrées dans plusieurs localités de l’Est de la République centrafricaine suscitent une vive inquiétude au sein de la population et de la classe politique. dans la région de Bria ou au Nord-est vers le village Mbo, des zones déjà fragilisées par des années de conflit. Alors que les autorités affirment suivre de près l’évolution de la situation sécuritaire et appellent au calme, les acteurs humanitaires alertent sur les besoins urgents des populations affectées. Reportage MELINO BANDIO
Obo, Zémio, Am-Dafock, mais aussi les environs de Birao…Depuis plusieurs jours, ces localités de l’Est centrafricain sont le théâtre d’une dégradation de la situation sécuritaire. Les violences ont provoqué des déplacements de populations et ravivé les préoccupations des habitants. Face à cette situation, les autorités assurent avoir pris des dispositions et appellent la population à garder son calme.
“ Nos forces armées, la MINUSCA ainsi que nos partenaires sont actuellement mobilisés pour faire face à cette situation. Nous pensons toutefois que l’implication de la population, notamment des leaders religieux et des imams, dans les actions de sensibilisation serait un atout supplémentaire afin d’expliquer les conséquences négatives de ces événements. Selon les autorités, certaines personnes apparaissant dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux seraient manipulées et financées par des acteurs hostiles au processus de paix. Nous ne voulons pas que la population ait à subir de nouvelles souffrances.”
Faustin-Archange Touadéra, Président de la République – Centrafrique
Dans le même temps, les organisations humanitaires suivent de près l’évolution de la situation. Présente aux côtés des autorités et de ses partenaires, l’Organisation des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, OCHA, indique évaluer les besoins des personnes affectées afin d’organiser une réponse adaptée.
“ À ce jour, les projets en cours permettent d’apporter une assistance à plus de 80 000 personnes dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de la sécurité alimentaire, de la santé et de la protection. Il avait été décidé de suspendre temporairement certaines activités afin de relancer le dialogue avec les parties au conflit, dans le but de garantir la protection des populations civiles, des acteurs humanitaires et de permettre aux opérations humanitaires de se poursuivre dans des conditions plus sûres et plus sereines. ”
Alban Joseph M’Boligassihe, Chargé des affaires humanitaires à OCHA – Centrafrique
Si les opérations d’évaluation se poursuivent sur le terrain, les autorités, les leaders communautaires et les partenaires humanitaires multiplient les appels à la vigilance, à la retenue et à la solidarité envers les populations touchées. Dans un contexte encore évolutif, les acteurs engagés insistent sur la nécessité de préserver le calme tout en poursuivant les efforts d’assistance et de protection des civils.



