À Bangui, l’entrepreneuriat féminin prend de l’ampleur et transforme l’économie locale. On estime aujourd’hui que plusieurs milliers de femmes participent activement à l’économie formelle et informelle. Mais malgré ce dynamisme, l’accès au financement et aux marchés reste un défi majeur.
À Bangui, Persévérance Naomie Magalama transforme des fruits locaux en jus naturels sous la marque Yourice Jus. Ce type d’activité s’inscrit dans une dynamique plus large : plus de 3 200 femmes entrepreneures sont fédérées au niveau national, impactant directement plus d’1 million de personnes à travers la République centrafricaine.
J’ai participé à des programmes organisés par la FAFECA, avec de petites formations dans différents domaines pour nous accompagner dans le développement de nos activités. Chez nous, nous produisons du jus naturel, sans aucun produit chimique. Nous pressons simplement les fruits, nous procédons à la pasteurisation, puis nous mettons le jus directement en bouteille : il est prêt à être consommé.
Persévérance Naomie Magalama, Promotrice de Yourice Jus
L’agroalimentaire est l’un des secteurs clés où les femmes investissent. En 2024-2025 plus de 2000 femmes ont été formés Mais les obstacles persistent : manque d’accès au crédit, équipements limités et compétences techniques encore à renforcer. Des initiatives comme le Salon National de l’Entrepreneuriat Féminin 2026 favorisent le réseautage et la mise en valeur des savoir-faire locaux.
Le Président de la République l’a souligné lors de la deuxième édition du SANEF : il est essentiel qu’il y ait une véritable inclusivité. Aucune femme ne doit être laissée en marge de ce carrefour de rencontres, de réseautage et de partage de connaissances. C’est aussi un espace pour valoriser son savoir-faire, mutualiser les expériences et réfléchir ensemble aux moyens de faire grandir l’économie de la République centrafricaine.
Adrienne Portia Deya Abazene, Promotrice du Salon National de l’Entrepreneuriat Feminin
Malgré des avancées encourageantes, l’entrepreneuriat féminin en Centrafrique reste en phase d’accélération structurée. Pour transformer ces initiatives en croissance durable, l’accès aux financements, à la formation professionnelle et aux marchés est indispensable. Le potentiel est réel, mais sa concrétisation dépendra des efforts conjoints des institutions, des partenaires et des femmes elles-mêmes.



