Centrafrique : hausse du coût de la vie à Biro

À Birao, dans la préfecture de la Vakaga, le coût du transport est devenu un véritable frein à l’activité économique. Située à plus de mille kilomètres de Bangui, cette ville frontalière subit de plein fouet son enclavement. Les difficultés d’approvisionnement se traduisent par une flambée des prix, qui affecte aussi bien les commerçants que les consommateurs.

À plus de 1 300 kilomètres au nord-est de Bangui, aux confins des frontières soudanaise et tchadienne, Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, est devenue l’une des villes les plus chères de République centrafricaine. Dans cette ville d’environ 14 000 habitants, l’enclavement croissant pèse lourdement sur le quotidien des populations. Ici, construire, se nourrir ou simplement s’approvisionner relève d’un véritable défi, tant chaque marchandise doit parcourir des centaines de kilomètres avant d’atteindre les marchés locaux. 

Pendant la saison des pluies, tant que la route est praticable, nous allons nous approvisionner au Tchad. Mais lorsque les pluies deviennent plus fortes, les marchandises se font rares. La solution que nous avons trouvée est de racheter les stocks disponibles auprès des grossistes de Birao.

ABAKAR IBRAHIM, CommerçantCentrafrique

À Birao, l’inflation atteint des niveaux records. Le litre d’essence se vend 5 000 FCFA, tandis qu’un morceau de savon acheté 100 FCFA à Bangui coûte jusqu’à 500 FCFA sur les marchés locaux. Les denrées alimentaires connaissent la même flambée : le sac d’oignons est passé de 10 000 à près de 50 000 FCFA, et celui de sucre de 40 000 à 60 000 FCFA. L’insécurité et l’état des routes perturbent l’approvisionnement, alimentant pénuries et hausse des prix. 

Un camion peut mettre jusqu’à un mois pour arriver à Birao. Certains tombent en panne en cours de route. Le transport entre Bangui et Birao peut coûter près de 12 millions de francs CFA. Un sac de ciment acheté autour de 10 000 francs à Bangui nous revient entre 26 000 et 27 000 francs après le transport, les taxes et les autres charges. Dans ces conditions, il est difficile de le vendre à un prix accessible.

OUMAR ALFAKIM ALI, Directeur gérant de la société Ammar RCACentrafrique

Longtemps approvisionnée grâce aux échanges avec le Soudan et le Tchad, Birao subit aujourd’hui les conséquences de la guerre au Soudan, qui a désorganisé les circuits commerciaux.Les transporteurs empruntent désormais des itinéraires plus longs et plus risqués, exposés aux attaques armées. Avec un seul vol humanitaire par semaine, les besoins restent insuffisamment couverts. Les autorités misent sur le désenclavement pour relancer l’économie locale et améliorer le pouvoir d’achat.

  Vous savez que la route est longue et difficile d’accès. Acheminer des marchandises depuis Bangui jusqu’à Birao coûte très cher. Les commerçants répercutent une partie de ces coûts sur les prix. Ce n’est pas une situation souhaitable, mais elle est imposée par les réalités du terrain.

THIERRY ÉVARISTE MBÎGUINENDJI, Gouverneur de la VakagaCentrafrique

Face à cette situation, les autorités se veulent rassurantes. Elles affirment que des travaux de réhabilitation des principaux axes routiers sont en cours et estiment que les difficulté

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