Djibouti affiche une croissance économique soutenue, portée principalement par ses activités portuaires et logistiques. Mais derrière ces performances, le pays reste fortement dépendant des échanges avec l’Éthiopie et exposé aux tensions régionales. Une dynamique qui pose désormais la question de l’emploi, de la diversification économique et du financement du développement.
Selon la BAD, L’économie djiboutienne continue d’afficher une croissance soutenue. Le PIB a progressé de 6,7 % en 2025, après 6,8 % en 2024. La Banque mondiale et le FMI retiennent une estimation légèrement inférieure, à 6,5 %. Cette dynamique repose surtout sur les ports, la logistique, les transports, les télécommunications, la construction et le commerce.
‘’ Le principal message de ce rapport est clair. Pour accélérer notre développement, nous devons mobiliser davantage de ressources et améliorer leur utilisation. Cela passe notamment par le renforcement de la mobilisation des recettes antérieures, une meilleure efficacité des dépenses publiques, le développement des partenariats publics-privés et le recours à des financements innovants, ainsi que le renforcement de la gouvernance économique et financière, ainsi que de la transparence. ‘’
Ilyas Moussa Dawaleh, Ministre de l’Economie et des Finances chargé de l’Industrie – Djibouti
Derrière ces chiffres se trouve un modèle économique fortement dépendant de la position stratégique de Djibouti. Environ 80 % des marchandises traitées dans les ports djiboutiens sont liées au transit vers ou depuis l’Éthiopie, selon la Banque mondiale. Le corridor Addis-Abeba-Djibouti concentre ainsi plus de 95 % du commerce extérieur éthiopien en volume, faisant des ports djiboutiens un véritable poumon commercial pour le pays voisin. Cette dépendance constitue à la fois une force et une vulnérabilité. Les tensions en mer Rouge ont d’ailleurs temporairement stimulé l’activité portuaire : en 2024, elle a progressé de 7,4 %, avec une hausse spectaculaire de 98 % des transbordements. Mais cette croissance peine encore à se traduire suffisamment sur le marché du travail.
“Ces orientations sont pleinement en phase avec les réformes engagées par le gouvernement de Djibouti dans le cadre de notre plan national de développement Djibouti 2025-2030, appelé communement ADEG. Le rapport de la BAD 2026 constitue ainsi un outil précieux d’analyse et d’aide à la décision. Et je suis convaincu que les échanges de ce jour permettront d’enrichir nos réflexions collectives et renforcer notre partenariat avec la Banque africaine de développement. ‘’
Ilyas Moussa Dawaleh, Ministre de l’Economie et des Finances chargé de l’Industrie – Djibouti
Car derrière les performances macroéconomiques, le défi social demeure important. Le chômage atteint 26 %, tandis que près de 46 % des jeunes de 16 à 24 ans ne sont ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation. Pour les experts, L’enjeu pour Djibouti sera donc de transformer sa croissance portuaire en emplois, en recettes publiques et en amélioration des conditions de vie. Une diversification de l’économie et une meilleure mobilisation des ressources seront essentielles pour rendre ce modèle plus résilient.



