En exil à la suite de son éviction par les militaires le 26 novembre 2025, l’ex-chef d’État bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló a fait part, le 28 septembre, de sa volonté de regagner la Guinée-Bissau pour participer au scrutin présidentiel programmé le 6 décembre 2026. Cette déclaration survient dans un contexte de préparatifs électoraux, présidentiels et législatifs, visant à clore la période de transition militaire et à réinstaurer un gouvernement civil.
L’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, renversé par un coup d’État militaire en novembre 2025, a annoncé son retour en Guinée-Bissau le 4 octobre 2026. Il a également confirmé sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026, sous une « Plateforme républicaine ». L’ex-chef d’État a souligné la nécessité de préserver la paix et la stabilité tout au long du processus, affirmant que les rivalités politiques ne devaient altérer ni l’unité nationale ni la cohésion sociale en Guinée-Bissau.
“Alors juridiquement rien ne l’empêche de revenir et de poser sa candidature d’autant plus qu’il a été chassé du pouvoir par un coup d’état militaire et il n’a signé aucun document de renonce à son pouvoir quand il partait. Donc même avec la nouvelle constitution, rien ne l’empêche de revenir. Maintenant le comtesse politique est un peu fragile avec des suspicions d’un réveil d’hostilité par rapport à ses adversaires politiques, que ce soit de l’opposition ou bien des militants qu’ils soient également civils ou militaires parce que ce pays a cette spécificité d’avoir des partis politiques qui ont des militants qu’on appelle des militants en uniforme. Ils sont dans les forces de défense et sécurité. C’est le cas par exemple du PAIGC, le parti historique qui a libéré le pays en 1974 et qui jusqu’à présent réclame une certaine légitimité historique sur la gestion du pays.”
Allen Yéro Embalo, Journaliste – Guinée-Bissau
Depuis le coup d’État, le pays est dirigé par une autorité militaire de transition conduite par le général Horta N’Tam. Les autorités de transition ont fixé au 6 décembre les élections présidentielle et législatives, tandis qu’une nouvelle Constitution a été approuvée par référendum le 30 août, avec environ 70 % de voix favorables et 62,6 % de participation. L’opposition, notamment le PAIGC, conteste toutefois le processus et avait appelé au boycott du référendum.
« A-t-il des chances de gagner ? C’est probable, car l’opposition la plus vive est exilée. C’est le cas du leader du PAIGC, soigné au Portugal sous une mesure de clémence de 90 jours expirant le 24 octobre. Son retour reste incertain. De plus, la plupart des partis traversent des crises internes. Pourront-ils organiser des congrès extraordinaires d’ici fin octobre pour restructurer leurs bases, condition essentielle pour concourir ? L’exigence d’une caution de 50 millions de francs CFA risque aussi de limiter fortement les candidatures. »
Allen Yéro Embalo, Journaliste – Guinée-Bissau
Avant l’élection présidentielle, le Mouvement pour l’alternance démocratique (Madem G15), le parti de Sissoco Embaló, tiendra son congrès les 16 et 17 octobre. À l’issue de ce congrès, la Plateforme républicaine devrait être lancée. Destinée à porter la candidature de l’ancien chef d’État, cette nouvelle alliance politique, rassembleuse de plus de douze formations selon les informations publiées, s’apprête ainsi à faire son entrée sur la scène politique.



