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La vedette Ekambi Brillant se retire avec près de 20 albums et des centaines de distinctions

L’artiste camerounais Ekambi Brillant est décédé dans la nuit du 12 au 13 décembre à Douala au Cameroun. Ce géant de la musique africaine, dont les œuvres ont dépassé les frontières de son pays, se retire de la scène à 74 ans, fauché par une longue maladie. De son vrai nom Ekambi Ekambi Louis Brillant, Ekambi Brillant est né le 18 juin 1948 à Dibombari non loin de Douala. Celui qui a quitté la scène la nuit du 12 au 13 décembre 2022 à Douala, était de la race d’artiste au talent unique. De par le pays et au-delà, des hommages lui sont rendus.

Un florilège de messages, pour rendre hommage à un artiste hors-pair. Ekambi Brillant, c’était l’une des légendes qui occupait le haut de l’affiche, après le décès de Manu Dibango, l’autre légende. Mota Muenya, son surnom qui signifie “l’homme important”, a contribué à révolutionner le Makossa, en y introduisant le piano, les instruments à vents et le violon. Il avait une capacité à mêler différentes sonorités grâce à un talent qui a pu inspirer les plus grands. L’un d’eux, c’est Richard Bona, son neveu de Dibombari. Quand ce virtuose de la basse a appris la nouvelle, il a, comme il sait le faire, rendu hommage avec style à ce géant. Jean Dikoto Mandengue, un maillon essentiel de la musique camerounaise, se souvient de leur première rencontre.

J’étais bassiste de Claude François  à cette époque dans les 70 il est arrivé, il a tapé devant devant ma porte. Il m’a remis sa maquette, on a parlé surtout de la musique. Il a commencé à chantonner ses sons . J’avais un magnétophone j’enregistrais ses acapella; et puis quand il est parti j’ai essayé de mettre ça en musique.  

Jean Dikoto Mandengue, Auteur-compositeur

La jeune génération incarnée par Ruben Binam, musicien, producteur et promoteur culturel, a de quoi faire perpétuer l’héritage d’Ekambi Brillant.

J’ai eu la responsabilité de l’accompagner dans la réédition de certaines de ses œuvres. Dans le cadre de mon label Alyzée Equateur Records, j’ai dû m’occuper toujours de certaines de ses œuvres d’ailleurs depuis qu’il est parti. Et c’est comme ça que progressivement notre relation s’est  structurée dans la responsabilité et dans le respect mutuel. C’est une personnalité qui m’a beaucoup apporté.

Ruben Binam, Musicien, producteur et promoteur culturel

« Elongui », “mba pe na mala o paradis », « bebaa », “Mussoloki”“Lōndō la bwam na tè n’o Buindea”, « Musungedi”… autant de titres pour autant de tubes, générés par une créativité inépuisable et enrobée par l’obsession de la séduction et donc du beau, qui a permis de repousser les limites des frontières. Ekambi Brillant a été repris par plusieurs autres artistes tant africains qu’européens, et bien plus. Ici, une reprise par des jeunes en Catalogne en Espagne. Là, des enfants sud coréen qui émettent des symphonies en langue Duala. Auteur du livre Les Icones de la musique camerounaise, ce jeune camerounais était très proche d’Ekambi Brillant, avec qui il a passé bien des moments.

Je garde de lui le souvenir d’un homme aimant, attachant, affable, ambitieux. Lui et moi avions une relation de père et fils, c’était mon père en quelque sorte. Il était toujours disposé à écouter et à aider les autres. Plusieurs artistes camerounais lui doivent leur carrière. Il a largement contribué à l’émergence de plusieurs artistes, parmi lesquels Esso Essomba, Angélique Kidjo, Marthe Zambo et plusieurs autres musiciens. Adieu Ekambi Brillant

Arol Ketchiemen, Auteur du livre “Les Icônes de la musique camerounaise”

Avec l’album Africa Oum, l’artiste a enregistré un record d’environ 4 millions de vente, ce qui lui a valu un Disque de diamant en 1975. Arrivé en France en janvier 1972, avec le soutien de Jean Dikoto Mandengué bassiste camerounais, il sort son second disque 45 tours qui fut également un succès avec 25000 ventes. Un an plus tôt en 1971, à l’âge de 23 ans, Mota Muenya rallie la ville de Douala, et intègre l’orchestre Les Crack’s6 comme guitariste. Suivra un concours de musique lancé par l’Office de Radiodiffusion Télévision Française (ORTF) dont le jury comportait deux grands noms, Manu Dibango et Francis Bebey. Ekambi Brillant en est le lauréat. C’est grâce à ce prix qu’il sort son premier disque 45 tours intitulé Jonguèlè la Ndolo qui enregistra 20 000 ventes. Parti à 74 ans, Ekambi Brillant laisse à la postérité près de 20 albums.

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