Mali : création d’une école des mines et du pétrole

Au Mali, le gouvernement veut former lui-même les cadres de son secteur minier. Réuni en Conseil des ministres, l’exécutif a adopté la création d’une École des Mines et du Pétrole, ainsi que la transformation du Programme pour le Développement des Ressources Minérales en agence dédiée à la recherche. Une double réforme qui intervient alors que les sociétés aurifères ont versé à l’État un record de 888,5 milliards de francs CFA en 2025.

Le Mali veut former lui-même les cadres et les experts de son secteur minier. Réuni en Conseil des ministres le 30 septembre 2026, le gouvernement a adopté plusieurs projets de texte, dont la création d’une École des Mines et du Pétrole. Le gouvernement prévoit de transformer le Programme pour le Développement des Ressources Minérales en agence dédiée à la recherche et au développement. L’école aura pour mission d’assurer la formation initiale et continue dans les domaines des mines et du pétrole. Cette mutation répond à l’insuffisance des structures spécialisées dans le pays.

Le Mali a pris conscience que pour gérer les ressources naturelles, il faut avoir des cadres formés et pour avoir des cadres formés, il faut les mettre sous la coupole d’une structure de recherche qui comprendra les besoins du pays en matière de formation et qui fera le point sur les ressources humaines que le Mali disposent dans ces domaines.

KERWIN MAYIZO, Analyste politique

Ces réformes interviennent alors que le secteur pèse lourd dans l’économie nationale. Selon des données du ministère des Mines, les sociétés aurifères ont versé à l’État un record de 1,57 milliard de dollars en 2025, soit 6,4 % de plus qu’en 2024. Cette hausse s’explique par les cours records de l’or, qui ont compensé une production industrielle en recul de 23 %. Cette réforme prend en compte l’évolution du cadre institutionnel et juridique du secteur, ainsi que les activités de recherche pétrolière et gazière.

Déjà si on a des cadres formés, on a des arguments à brandir face aux investisseurs internationaux. Lesquels investisseurs internationaux ne se comporteront pas comme ils voudraient et ne mettront pas les pays à la merci des mêmes connaissances et des mêmes capitaux. Ça sera un rendez vous. On va traiter d’égal à égal. Certains ont des capitaux, d’autres ont des connaissances. Tout le monde y trouve son compte et le pays est souverain, émet des lois, dicte les règles. Lesquelles règles feront l’objet d’un respect strict des sociétés étrangères. C’est ainsi que l’Etat malien va renforcer sa position et va se retrouver dans une relation gagnant gagnant.

KERWIN MAYIZO, Analyste politique

Avec ces deux institutions, les autorités entendent bâtir une expertise nationale et réduire la dépendance aux compétences extérieures dans ce secteur qui contribue à 6,3% du PIB.

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