Pour la première fois de son histoire, la République démocratique du Congo s’apprête à emprunter directement sur les marchés financiers internationaux. Un eurobond de 750 millions de dollars est en préparation. Derrière ce chiffre, un tournant majeur pour l’économie congolaise mais aussi des défis considérables.
La République démocratique du Congo se prépare à franchir un cap historique. Le gouvernement a annoncé son intention de lever 750 millions USD à travers sa première émission d’eurobond, une obligation souveraine destinée aux investisseurs internationaux. L’opération est envisagée pour avril 2026. À l’origine, l’ambition était plus élevée. En août 2025, le Conseil des ministres avait autorisé un programme d’eurobonds pouvant atteindre 1,5 milliard USD. Mais face aux conditions des marchés financiers internationaux, les autorités ont opté pour une approche prudente : commencer par une première tranche de 750 millions USD, quitte à revenir plus tard avec d’autres émissions.
“Le ministre des Finances a présenté la note sur le lancement par la République démocratique du Congo d’une première émission d’Eurobondes sur le marché international, avec une situation macroéconomique caractérisée par une stabilité des prix intérieurs et du taux de change, une résilience de l’activité économique, ainsi qu’une notation souveraine, favorable à l’attraction de potentiels investisseurs financiers, avec des perspectives stables, respectivement, pour les agences de notation. Standard impose elles nous disent, notre pays possède donc des leviers nécessaires pour emprunter cette voie en vue de financer ses projets de développement.”
Patrick Muyaya, Porte-Parole du gouvernement, ministre de la Communication – RD CONGO
Les fonds levés serviront à financer des projets d’infrastructures prioritaires, notamment dans l’énergie, les transports et la connectivité nationale. Le gouvernement met en avant un portefeuille de projets estimé à environ 3 milliards USD, aligné sur le Programme d’actions 2024-2028. Pour convaincre les investisseurs, la RDC avance ses atouts macroéconomiques. Inflation maîtrisée autour de 2 %,ratio dette/PIB parmi les plus faibles d’Afrique, croissance soutenue par les secteurs miniers, notamment le cuivre et l’or. Des indicateurs qui expliquent l’intérêt déjà manifesté par plusieurs grands investisseurs internationaux.
“Le ministre des Finances a indiqué que cette démarche est soutenable pour notre économie au regard de son paysage financier, qui affiche des marges d’endettement importantes dont l’exploitation pourrait permettre de prendre en charge les grandes priorités en matière de développement. Car ici est de relever qu’à ce jour, notre pays possède encore un ratio d’aides publiques sur les PIB, loin de la norme de convergence de la sous région SADDEC .”
Patrick Muyaya, Porte-Parole du gouvernement, ministre de la Communication – RD CONGO
Cette opération n’est pas sans risques. La RDC reste un primo-émetteur, sans historique sur les marchés obligataires internationaux. Conscient de ces enjeux, le gouvernement s’entoure de partenaires solides. L’opération devrait être pilotée par Citigroup, avec l’appui de Rawbank, et accompagnée par Rothschild & Co et White & Case pour la structuration financière et juridique.



