Face à une guerre civile au Soudan qui s’enlise, causant des dizaines de milliers de victimes et forçant près de 13 millions de personnes à l’exode selon l’ONU, l’Union africaine durcit le ton. Réuni à Khartoum le 16 août 2026, son Conseil de paix et de sécurité a fermement rejeté toute ingérence étrangère et la mise en place de pouvoirs parallèles. L’organisation exhorte les acteurs soudanais à engager un dialogue sincère vers une transition inclusive pour garantir l’unité et la souveraineté nationale.
Alors que le conflit au Soudan prend une dimension alarmante, avec un bilan humain qui s’élève désormais à des dizaines de milliers de morts et environ 13 millions de déplacés selon l’ONU, l’Union africaine monte au créneau. Le 16 août 2026, son Conseil de paix et de sécurité (CPS) a opposé une fin de non-recevoir catégorique face aux ingérences extérieures et aux tentatives de créer des gouvernements parallèles qui menacent l’intégrité du pays. Cette position de fermeté a été réaffirmée à Khartoum lors d’une audience accordée par Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté, à une délégation du CPS menée par le diplomate algérien Mohamed Khaled.
Il y a quelques années, depuis quasiment plus de cinq ans, nous avons un bicéphalisme autour de l’exécutif soudanais. Deux gouvernements, deux autorités administratives et politiques, deux exécutifs, qui ne facilitent pas un climat de paix et de stabilité dans le cadre du renouvellement de l’Union européenne.
Aboudramane Coulibaly, Analyste politique
Le CPS dénonce vigoureusement l’émergence de structures politiques concurrentes à l’autorité centrale, y voyant un risque majeur de fragmentation irréversible des institutions soudanaises. Privilégiant la voie diplomatique à l’option militaire, l’organisation panafricaine appelle à une refonte inclusive du processus de transition. L’objectif : bâtir un consensus national solide capable d’aboutir à un nouveau cadre constitutionnel et à l’organisation d’élections libres, transparentes et équitables.
C’est dur. Ce qui se ressent aujourd’hui, il va falloir que la communauté nationale impose une sortie de crise. À travers un accord consensuel, un gouvernement d’ouverture, qui va permettre à tous ces belligérants de se fédérer. Pour que le Soudan parle d’une seule voix, pour qu’on ait une feuille de route, un échéancier.
Aboudramane Coulibaly, Analyste politique
Cet appel pressant au dialogue souligne l’engagement de l’Union africaine en faveur d’une solution souveraine, portée par les Soudanais eux-mêmes. L’enjeu reste désormais la capacité des belligérants à transcender leurs divergences pour s’inscrire dans ce processus politique, unique voie vers une paix durable au Soudan.



