En Tunisie, environ 2 500 personnes ont manifesté à Tunis le 25 juillet 2026, cinq ans après la concentration des pouvoirs par le président tunisien Kaïs Saïed. Les protestataires dénoncent la dégradation des conditions de vie, les atteintes aux libertés et les coupures d’électricité en pleine vague de chaleur.
Environ 2 500 personnes ont manifesté le 25 juillet 2026, à Tunis pour réclamer le départ du président Kaïs Saïed et dénoncer la crise économique et politique, cinq ans après son coup de force institutionnel. En pleine vague de chaleur, les manifestants ont fustigé la dégradation des services publics, marquée par des coupures récurrentes d’électricité et d’eau, ainsi que la détérioration globale de leurs conditions de vie.
“Il y a un grand ras-le-bol aujourd’hui. Nous arrivons, nous avons cru à ce 25 juillet d’il y a 5 ans. Nous avons cru en un renouveau démocratique pour la Tunisie qui aujourd’hui est sérieusement mise à mal. Nous retombons tout simplement dans une dictature encore plus sévère malheureusement.”
Maryem Mili, Manifestante – Tunisie
La Tunisie fait face actuellement à une vague de chaleur intense, les températures atteignant 47 °C à Tunis et 49 °C à Kairouan. Cette situation s’accompagne d’une multiplication des pannes de courant à travers presque tout le territoire, suscitant l’exaspération et l’inquiétude de la population. Face à cela, des alertes de délestage électrique sont émises chaque jour par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz. Ces interruptions d’alimentation varient selon les régions, s’étendant d’une heure à parfois trois, six heures, voire plus, perturbant ainsi le quotidien des ménages, des commerces et des sites industriels.
“Que reste-t-il de cette République ? A mon avis, pas grand chose. Tout s’effondre. On assiste à des coupures d’électricité à ne plus en finir, des coupures d’eau. Tout ça, on n’a jamais vécu ça. Ça fait plusieurs décades qu’on a répudié toutes ces ruptures de courants électriques et d’eau potable. La situation dans nos hôpitaux est préoccupante. La situation du transport public est préoccupante. Que reste-t-il alors de la République ? Pratiquement rien.”
Nafaa Aribi, Membre du bureau politique PDL – Tunisie
En juin 2026, l’Institut national de la statistique (INS) a noté un léger recul de l’inflation annuelle en Tunisie à 5,3 % (contre 5,5 % en mai). La pression sur le coût de la vie reste forte, tirée par l’alimentation. Les plus fortes hausses sur un an concernent la viande d’agneau (+18,3 %), le bœuf (+13,6 %), les volailles (+13,5 %), le poisson (+11,7 %) et les fruits frais (+11 %).



