Zimbabwe : le Sénat adopte un projet de loi allongeant le mandat présidentiel à sept ans

Le Sénat zimbabwéen vient de franchir une étape majeure mercredi 24 juin 2026 en validant une réforme constitutionnelle qui redessine l’architecture du pouvoir exécutif et ouvre la voie à une prolongation du mandat présidentiel jusqu’en 2030, dans l’objectif de prolonger la durée du mandat présidentiel, assurer la continuité politique et permettre la mise en œuvre du programme gouvernemental jusqu’à son terme. 

Au Zimbabwe, la chambre haute du Parlement a approuvé mercredi 24 juin 2026, un projet de loi qui modifie en profondeur la durée et les modalités d’exercice du pouvoir présidentiel. Le texte prévoit le passage des mandats de cinq à sept ans, ainsi qu’un changement du mode d’élection du chef de l’État, désormais désigné par le Parlement plutôt que par suffrage universel direct. Avec 75 voix pour et 4 contre, le projet a dépassé la majorité des deux tiers requise. Une fois signé par le président Emmerson Mnangagwa, cette réforme deviendra effective et pourrait lui permettre de rester en fonction jusqu’en 2030. 

«L’exemple que nous dissert actuellement, le cas zimbabwéen, ne permet pas avec exactitude de se situer entre logique de stabilité politique et celle de consolidation du pouvoir. Il s’agit à la limite de deux concepts, de deux dynamiques difficilement associables parce que cette réforme défie la plupart des standards que nous avons connus en matière de réformes institutionnelles, constitutionnelles et plus globalement en matière de gouvernance.» 

Arsène ZAMBO, Consultant en Gouvernance et Réformes des institutions Cameroun

Cette réforme s’inscrit dans un processus politique engagé depuis plusieurs années au sein du parti au pouvoir, la ZANU-PF. Dès 2025, des appels internes avaient émergé en faveur d’une prolongation du mandat présidentiel, officiellement pour garantir la continuité des réformes engagées. Le projet, soutenu par le gouvernement en février 2026, intervient dans un contexte où le président âgé de 83 ans, arrivé au pouvoir après le coup d’État militaire de 2017, est accusé par l’opposition de chercher à consolider son maintien au pouvoir au-delà de 2028. Ses partisans, eux, défendent une mesure visant à renforcer la stabilité politique et la capacité de mise en œuvre du programme national. 

«Cela s’inscrit dans une sorte de normalité de la revendication politique en Afrique, où évidemment on verra l’opposition, la société civile, peut-être un ensemble d’observateurs et de partenaires internationaux attirer l’attention sur la nécessité de rester conformes à un ensemble de standards démocratiques et constitutionnels. Un mandat qui passe de 5 à 7 ans dépend aussi de l’appréciation discrétionnaire du pouvoir en place et d’un ensemble de réalités locales qui tendraient peut-être à vouloir donner, par une latitude temporelle, la possibilité au pouvoir en place de tenir un temps plus long afin d’implémenter un ensemble de politiques publiques.» 

Arsène ZAMBO, Consultant en Gouvernance et Réformes des institutions Cameroun

En attendant la signature présidentielle, cette réforme ouvre un débat majeur sur l’équilibre entre stabilité institutionnelle et alternance démocratique au Zimbabwe.

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