Face à des pluies exceptionnelles débutées au début du mois de février 2026, avec d’importants cumuls enregistrés dès le matin du lundi 2 février. et la montée rapide des eaux, les autorités marocaines ont procédé à l’évacuation préventive de plus de 143 000 personnes dans plusieurs provinces du nord-ouest du pays. Une opération d’envergure pour éviter un lourd bilan humain.
Plus de 143 000 personnes ont été évacuées par précaution dans le nord-ouest du Maroc, selon le ministère de l’Intérieur, en raison de fortes pluies ayant provoqué des crues importantes. Les provinces les plus touchées sont Larache, avec environ 110 900 évacués, suivie de Kénitra avec 16 900, Sidi Kacem, 11 700 et Sidi Slimane 3 600 personnes déportées. L’opération vise à protéger les populations vivant dans des zones exposées aux débordements des fleuves, notamment le Loukkos.
Compte tenu de l’augmentation des indicateurs de risque et de la possibilité d’une aggravation rapide et soudaine de la situation, le ministère de l’Intérieur appelle de manière urgente tous les citoyens présents dans les communes suivantes de la province de Larache – Ksar El Kébir, Souaken, Oulad Ouchih, ainsi que dans la zone industrielle de Larache et les zones adjacentes à l’embouchure de l’oued Loukkos, à respecter strictement les instructions des autorités publiques concernant l’évacuation et à se conformer à toutes les mesures mises en place, notamment l’évacuation immédiate, afin de préserver les vies humaines.
Rachid El KHALFI, Porte Parole du Ministère de l’intérieur – Maroc
À Ksar El Kebir, la situation est particulièrement critique. La montée rapide des eaux a submergé une grande partie de la ville, forçant jusqu’à 85 % de la population à quitter son domicile. Plusieurs barrages de la région, dont Oued Al Makhazine, ont atteint des niveaux proches ou supérieurs à leur capacité maximale, entraînant des lâchers d’eau contrôlés mais aggravant les inondations en aval.
Après les six années de sécheresse, c’est vrai qu’on est dans une situation confortable du point de vue des réservoirs d’eau, pratiquement partout dans tous nos bassins hydrauliques. Quand on a les bassins du Nord, les bassins d’Iezbo, les bassins de Loukkos, les bassins d’Oulad Ouchih, c’est là où on a des perturbations météo exceptionnelles et bien sûr aujourd’hui nous avons des barrages qui débordent et là ça devient un peu problématique. Même en ouvrant les vannes, l’eau a du mal à être évacuée.
FOUAD Amraoui, Professeur Chercheur en Hydrologie Université Hassan 2 – Maroc
Pour faire face à l’urgence, l’armée, la protection civile et les autorités locales ont été mobilisées avec l’appui de moyens lourds. Des centres d’hébergement temporaire ont été ouverts pour les sinistrés, avec distribution de nourriture et d’eau. Aucune victime mortelle n’a été signalée pour l’instant, mais la vigilance est maximale en raison des prévisions de poursuite des précipitations.



