Nigéria : la dette des compagnies aériennes réduite de 30%

Pour stabiliser le secteur aérien nigérian, le président Bola Tinubu a approuvé une réduction de 30 % des dettes des compagnies nationales envers les agences d’aviation civile. Cette mesure vise à soulager les transporteurs face à l’envolée des coûts d’exploitation, notamment la hausse de près de 300 % du prix du kérosène.

Face à la crise du secteur aérien nigérian, provoquée par la flambée du prix du kérosène et les tensions monétaires, le président Bola Ahmed Tinubu a décidé d’intervenir. Afin de stabiliser le marché de l’aviation, le chef de l’Etat Tinubu a accordé un allègement de dette de 30% aux compagnies aériennes nationales. De plus, le président a ordonné des discussions immédiates entre les compagnies, les fournisseurs et les régulateurs. L’objectif est de convenir d’un prix du kérosène « juste et raisonnable » pour stabiliser les prix des billets.

La décision de réduire de 30%  la dette intérieure est peut être une décision optimale, momentanée, mais ce n’est pas une décision durable. Aussi longtemps qu’on n’a pas réduit les coûts d’exploitation locaux des avions, les coûts d’exploitation locaux des compagnies aériennes, l’exploitation des compagnies aériennes est très difficile à rentabiliser. On est donc dans un contexte de concurrence et de compétence très élevé.

Justin MONDOMOBE, Expert en intelligence économique

Les compagnies aériennes avaient averti qu’elles pourraient suspendre leurs vols face à la hausse de près de 300 % du prix du kérosène depuis février. Les mesures gouvernementales visent à éviter toute perturbation immédiate du trafic aérien pendant la poursuite des négociations sur les prix du carburant. Le marché de l’aviation nigérian joue un rôle central dans la connectivité de l’Afrique de l’Ouest, et toute perturbation aurait des conséquences considérables.

Pour rentabiliser une compagnie aérienne, il faut absolument que les coûts d’exploitation soient à un niveau raisonnable pour absorber complètement les charges d’exploitation et en faire une marge bénéficiaire. Ce qui est très difficile pour presque toutes les compagnies. Et le Nigeria, donc, devrait aller au-delà de la réduction de la dette pour réduire aussi les coûts fixes d’exploitation

Justin MONDOMOBE, Expert en intelligence économique

Selon les experts, ces mesures ne constituent que des solutions à court terme. Sans réformes structurelles, comme l’amélioration du financement et la stabilisation des coûts, une nouvelle crise menace. La suppression des subventions aux carburants en 2023 a allégé le budget de l’État et attiré les investisseurs, mais a aussi fortement augmenté les coûts d’exploitation, notamment pour les secteurs très dépendants du carburant et des devises étrangères, comme l’aviation. 

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