Depuis son élection à la présidence de la Banque africaine de développement, le 29 mai 2025, le Dr Sidi Ould Tah déplore le manque à gagner de 400 milliards de dollars par an pour le financement de l’Afrique, face à une épargne pourtant massive de 4 000 milliards de dollars. Qualifiant le système actuel d’« inadéquat et inadapté », il mise sur la La Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) pour transformer en profondeur l’allocation des ressources économiques africaines.
Sidi Ould Tah préside à Brazzaville au Congo, du 25 au 29 mai 2026, ses premières assemblées annuelles de la Banque africaine de développement. Neuvième président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah a remporté l’élection à la présidence de l’institution multilatérale de financement du développement le 29 mai 2025 avec 76,18% des voix, reflet de la grande confiance des actionnaires dans sa capacité à mener des réformes et à générer un impact significatif sur le développement de l’Afrique. Fort de plus de 40 ans d’expérience dans les secteurs bancaire, économique et ministériel, le Dr Ould Tah s’appuie sur sa vision stratégique, les « Quatre points cardinaux », qui incluent la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).
L’Afrique présente deux paradoxes financiers majeurs. D’une part, elle possède le plus grand nombre d’institutions de financement du développement au monde, mais leurs actifs ne représentent qu’un pour cent du total mondial. D’autre part, malgré un besoin annuel de 400 milliards de dollars pour son développement, l’Afrique dispose de 4 000 milliards de dollars d’épargne qui n’est pas mobilisée à cette fin. Une nouvelle architecture financière africaine est donc nécessaire pour résoudre ces paradoxes et coordonner les acteurs.
Sidi Ould Tah , Président de la Banque africaine de développement
Selon Sidi Ould Tah, président de la BAD, l’architecture financière actuelle de l’Afrique est jugée « inadéquate et inadaptée ». Il estime que le défi ne réside pas dans un manque de ressources, mais plutôt dans leur mobilisation, puisque l’« Afrique dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne à moyen et long terme ». Dans ce contexte, la Nouvelle architecture financière africaine propose un cadre systémique. Ce cadre vise à réorganiser la manière dont les capitaux et les risques sont déployés au sein de l’écosystème financier du continent.
Le système financier africain est fragmenté, manque de communication et de coordination, ce qui entrave la mobilisation efficace des ressources. Pour y remédier, une rencontre inédite a eu lieu le 9 avril à Abidjan. Structurée en laboratoires de travail sur l’infrastructure financière, la mobilisation et le déploiement des ressources, elle a abouti à l’adoption du « Consensus d’Abidjan », une étape clé pour une nouvelle architecture financière africaine au service du développement continental.
Sidi Ould Tah , Président de la Banque africaine de développement
Malgré une épargne intérieure de près de 4 000 milliards de dollars, l’Afrique n’attire qu’1 % des capitaux institutionnels et 4 % des investissements directs étrangers mondiaux, en dépit d’un déficit de financement annuel de plus de 400 milliards de dollars. Le président Ould Tah a souligné que seulement 3 millions d’emplois formels sont créés chaque année pour 12 à 15 millions de jeunes arrivant sur le marché du travail. Il a identifié un déficit critique de garanties et d’assurances, estimé entre 40 et 50 milliards de dollars par an, comme obstacle majeur aux investissements transformateurs.



