En marge des 61èmes assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, Brazzaville a accueilli le 26 mai la cérémonie d’inauguration du cluster financier ETC Corporation–FAGACE. Une initiative présentée comme un nouvel outil de mutualisation des risques destiné à faciliter le financement des économies africaines et renforcer la souveraineté financière du continent.
Face aux difficultés d’accès aux capitaux et au coût élevé du crédit sur les marchés internationaux, plusieurs institutions africaines veulent désormais changer de paradigme. Responsables financiers, investisseurs et décideurs publics ont ainsi réfléchi autour d’un nouvel instrument : le cluster de garantie. Pour les organisateurs, l’Afrique reste confrontée à un paradoxe. Malgré ses ressources naturelles, sa population jeune et les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine, le continent peine encore à mobiliser des financements de long terme pour soutenir sa transformation économique.
“Alors que le déficit annuel de financement du continent dépasse les 400 000 milliards de dollars, l’Afrique dispose pourtant d’une épargne domestique mobilisable estimée à près de 4 000 milliards de dollars. Face à ces 4 000 milliards d’épargnes qui peinent encore à être captées pour le développement, le mécanisme de garantie devient l’instrument pivot. C’est entre autres pour transformer ce risque et orienter cette épargne vers les projets productifs que nous lançons aujourd’hui notre cluster de garantie.”
Emmanuelle Migan, Directrice des Opérations et du Portefeuille du FAGACE – Bénin
Le cluster ETC–FAGACE ambitionne ainsi de devenir une plateforme de partage des risques capable de renforcer la confiance des investisseurs, soutenir les PME-PMI et faciliter le financement de secteurs stratégiques comme l’agriculture, les infrastructures, l’énergie ou encore le numérique. Pour les participants, la garantie financière doit désormais être considérée comme un véritable levier de transformation économique et d’intégration régionale.
“Généralement les ratios prudentiels empêchent les banques de prendre trop de risques lorsque les investisseurs et les promoteurs des PME ne présentent pas suffisamment de garanties bancaires. Et donc ça peut faire que les risques soient élevés et que donc les banques rechignent. Ou alors, quand elles prennent trop ces risques-là, elles s’exposent donc aux sanctions du régulateur.”
Hilaire Mavoungou, Conseiller au budget du ministre des Finances – Congo
“C’est à dire que la banque centrale chez nous accepte 100% de la valeur de la garantie émise par le FAGACE, et donc son alliance avec ETC permet d’augmenter son efficacité technique, son expertise tout simplement parce qu’aujourd’hui, ce sont des plateformes digitales qui vont être utilisées pour pouvoir bénéficier de ces garanties et donc c’est une plus grande efficacité pour nous agents du secteur bancaire.”
Francesco de MUSSO, Administrateur directeur général de BGFIBank RDC – Italie
Depuis sa création en 1977, le Fonds africain de garantie et de coopération économique affirme avoir mobilisé plus de 6 500 milliards de francs CFA en faveur du financement des économies de ses États membres. À travers cette initiative, les acteurs du secteur financier africain veulent faire de la garantie un outil stratégique capable de réduire le risque perçu sur l’Afrique et d’accélérer durablement le financement du développement du continent.



