Tchad – Conflits communautaires : plus de 3 000 victimes recensées en deux ans

Au Tchad, la recrudescence des conflits intercommunautaires demeure une préoccupation majeure pour les autorités. Selon le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, ces violences ont causé plus de 3 000 morts au cours des deux dernières années. Face à cette situation, le gouvernement appelle à une mobilisation collective afin de prévenir de nouveaux affrontements et renforcer la cohésion sociale.

Les conflits intercommunautaires continuent de peser sur la stabilité du Tchad. Auditionné au Sénat lors de la  séance plénière du 01 juin 2026 consacrée aux conflits intercommunautaires et à la situation sécuritaire générale du pays, le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Akhabache, a indiqué que plus de 3 000 personnes ont perdu la vie au cours des deux dernières années à la suite de ces violences. Ce bilan illustre l’ampleur d’un phénomène qui touche régulièrement plusieurs provinces, fragilise la cohésion sociale et provoque des déplacements de populations dans diverses localités du pays.

“C’est vrai que tous ces problèmes nécessitent d’avoir une politique d’anticipation. Mais à mon avis, la question la plus importante que nous devons traiter, c’est que l’esprit et la pensée humaine, c’est de là-bas que naissent tous les éléments d’insécurité que vous voyez.”

Haroun Kabadi, Président du SénatTchad

À l’origine de ces tensions figurent principalement les différends liés à l’accès aux ressources naturelles, notamment les terres agricoles, les pâturages et les points d’eau. Les autorités évoquent également des rivalités locales, des litiges fonciers et la circulation d’armes qui favorisent l’escalade des violences. Récemment, un conflit autour d’un puits dans l’est du pays a provoqué plusieurs dizaines de décès.

“Le gouvernement fera ses efforts. Il va mettre en place le dispositif qu’il y a. Tout cela joue dans le bon sens si nous voulons que demain, dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, notre pays puisse connaître en tout cas la sécurité et la paix.”

Haroun Kabadi, Président du SénatTchad

Pour atténuer ces conflits, le gouvernement mise sur une approche globale associant autorités administratives, chefs traditionnels, leaders religieux et organisations de la société civile. Les pouvoirs publics entendent renforcer les mécanismes de médiation, promouvoir le dialogue communautaire et améliorer la prévention des crises. Un recrutement de 1.000 policiers et 1.000 gendarmes supplémentaires a également été annoncé, afin de renforcer la sécurité sur le terrain et de prévenir de futurs conflits intercommunautaires. L’objectif affiché est de réduire durablement les violences et de consolider la paix sociale sur l’ensemble du territoire.

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