L’industrialisation demeure l’un des principaux leviers de transformation économique du continent. Encore faut-il disposer des ressources nécessaires pour la financer. À Abidjan en Côte d’Ivoire, les experts de l’Union africaine ont bouclé trois jours de travaux en formulant une série de recommandations destinées à renforcer les investissements et l’intégration économique de l’Afrique.
L’Afrique perd chaque année près de 88,9 milliards de dollars à cause des flux financiers illicites, soit 3,7 % de son PIB. Une hémorragie financière qui freine les investissements nécessaires à son industrialisation. C’est dans ce contexte que s’est achevée à Abidjan la session conjointe des experts du 9e Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur les finances et du 5ème Comité technique spécialisé consacré au commerce, au tourisme, à l’industrie et aux ressources minérales.
“On connaît quelles sont les priorités de différents Etats. Des analyses ont été faites au préalable qui identifiaient déjà quatre secteurs principaux pour l’industrialisation, notamment l’automobile, l’agro-industrie, le pharmaceutique ainsi que le textile. ”Francisca Tatchouop Belobe, Commissaire de l’UA au développement économique – Guinée équatoriale
Les experts ont appelé les États membres à renforcer la gouvernance, la transparence des finances publiques et à diversifier leurs sources de financement grâce au financement mixte et au financement climatique. Ils recommandent également de consacrer une partie des recettes issues des ressources naturelles au développement industriel, de promouvoir la transformation locale des matières premières et de renforcer les politiques de contenu local.
“ Mes attentes, c’est que les engagements pris au courant de cette session puissent capitaliser sur nos ressources intérieures, que ce soit vraiment concret et qu’on puisse développer le marché intérieur, le marché des capitaux, pour qu’on puisse capter ces ressources intérieures et les mettre au service de l’industrialisation. Je fais un appel aussi à la coordination entre pays, puisqu’il y a tant de projets qui englobent plusieurs pays. Et là, on doit se coordonner au niveau des pays pour développer ces corridors, des corridors qui réagissent comme des veines pour faire circuler les biens, les services, en fait de concrétiser les accords de libre-échange. ”
Arsène MUGENZI, Directeur général, Autorité de régulation du marché des capitaux – Burundi
Ils ont insisté sur la nécessité de consolider les institutions financières africaines afin de mobiliser davantage de ressources nationales. Ils ont rappelé que le continent fait face à un déficit annuel de financement de 1 300 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement durable, tandis que le ratio moyen des recettes fiscales stagne à 16 % du PIB. Les experts ont également plaidé pour une réforme de l’architecture financière internationale, estimant qu’un meilleur accès aux financements est indispensable pour accélérer l’industrialisation et la transformation économique de l’Afrique.



