La succession d’António Guterres ouvre une bataille diplomatique au sommet des Nations unies. Parmi les six candidats en lice, l’ancien président sénégalais Macky Sall est le seul représentant du continent africain. À Cotonou au Bénin, Adrien Poussou, ancien ministre centrafricain de la Communication et président du Groupe Alternative pour le Renouveau Africain, défend une lecture continentale de cette candidature, au moment où l’Afrique réclame davantage de poids dans les instances de décision mondiale.
Six candidats pour diriger une organisation de 193 États membres : quatre femmes et deux hommes sont engagés dans la succession d’António Guterres. Seul Africain dans la course, Macky Sall, 64 ans, avance avec près de 40 années de service public, dont 12 à la présidence du Sénégal, et une expérience à la tête de l’Union africaine. Un parcours que ses soutiens veulent désormais inscrire dans un débat plus large, celui de la représentation africaine au sommet du système multilatéral.
« La candidature du président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies a cessé d’être une ambition individuelle pour devenir l’expression d’une espérance collective, celle de l’Afrique tout entière. »
Adrien Poussou, Président du Groupe alternatif pour le renouveau africain – Écrivain – Centrafrique
L’ancien président du Sénégal inscrit son projet dans une réforme du fonctionnement de l’ONU. Diplomatie préventive, transparence financière, transformation numérique : Macky Sall veut notamment revoir une mécanique institutionnelle qui cumule, selon les chiffres qu’il avance, quelque 40 000 mandats et plus de 27 000 réunions par an. Il veut également réformer l’architecture financière internationale, estimant que les pays en développement peuvent emprunter à des coûts cinq à huit fois supérieurs à ceux des économies développées. Sur le terrain diplomatique, la candidature ravive aussi une question ancienne : celle de la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Le continent n’a plus occupé le secrétariat général depuis le départ du Ghanéen Kofi Annan, en 2006, après l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali, qui avait dirigé l’organisation de 1992 à 1996.
« Depuis des décennies, l’Afrique appelle de ses vœux une réforme de la gouvernance mondiale. Elle demande que sa voix porte davantage. Elle réclame une représentation plus juste dans les grandes institutions internationales. »
Adrien Poussou, Président du Groupe alternatif pour le renouveau africain – Écrivain – Centrafrique
Avec 54 pays, l’Afrique représente près de 28 % des 193 États membres de l’ONU, mais seuls deux Africains ont dirigé l’organisation depuis sa création en 1945. Pour devenir le troisième, l’ancien président du Sénégal Macky Sall devra d’abord franchir le Conseil de sécurité, où cinq puissances Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie disposent chacune d’un droit de veto. À partir du 30 juillet 2026, les consultations au Conseil de sécurité de l’ONU feront entrer la course dans sa phase décisive, pour le continent, l’enjeu sera de transformer son poids numérique en rapport de force diplomatique.



