Afrique : 80% de la population sans protection sociale

En Afrique, l’accès aux services sociaux de base reste un défi critique. Actuellement, 80% de la population ne bénéficie d’aucune protection sociale formelle. Cette forte précarité est accentuée par un secteur informel qui concentre 85% des emplois. Des organisations comme Oxfam dénoncent une concentration des richesses qui bloque le développement. La sécurité sociale s’impose désormais comme un enjeu politique et économique absolument central. Face à cela, plusieurs pays engagent des réformes via l’assurance maladie universelle. Ces changements structurels sont indispensables pour garantir des services de base universels.  

L’accès aux services sociaux de base reste un défi majeur en Afrique, où environ 80% de la population ne bénéficie d’une protection sociale formelle en raison de l’importance du secteur informel. Les disparités économiques extrêmes accentuent la vulnérabilité des populations et freinent le développement humain sur l’ensemble du continent. Pour analyser la structure de ces disparités économiques, les organisations internationales et la société civile mènent des investigations approfondies. C’est le cas du cabinet Oxfam qui met en lumière la concentration extrême des ressources.  

“On a réalisé une étude sur les inégalités en Afrique, et cette étude a révélé que quatre Africains, les plus riches, détiennent la plus de la moitié de la richesse de la population africaine. Nous avons découvert que ces inégalités reculent dans les pays. C’est en réalité en raison de la richesse des minorités que la majorité souffre et vit en haut, en dessous du seuil de pauvreté permis. Alors cette activité vient comme un déclic de ce que, en tant que centrale syndicale, en tant que citoyen, nous avons et nous avons le devoir de lutter contre les inégalités, le devoir de lever la voix et de montrer autant aux gouvernants qu’à ces riches là que nous avons besoin qu’ils soient plus taxés et qu’ils répartissent mieux la richesse de toute l’Afrique.” 

Danila Lawani, Conseillère femme à Oxfam – Bénin 

Face à ce constat, les experts préconisent des réformes fiscales d’envergure, notamment pour endiguer les flux financiers illicites qui privent les États de précieuses ressources pour financer la solidarité nationale. 

“ Je faisais tout ce qui est compromis: lutter contre la corruption, lutter contre l’évasion fiscale qui aujourd’hui, il est démontré cinquante pour cent de la richesse de l’Afrique. C’est par l’évasion fiscale que ça quitte l’Afrique. Or, nous sommes un continent riche et donc le gouvernement sénégalais, avec la société civile et le mouvement syndical, doivent s’engager dans un dans un redressement à une transparence claire des ressources par une imposition progressive. Et quand nous parlons de l’imposition progressive, c’est les riches qui doivent réinvestir dans la solidarité nationale parce qu’ils engrangent leurs richesses sur le dos des pauvres qui contribuent. Et donc il faut inverser la tendance,”  

Ghislaine SAIZONOU BROOHM, Coordinatrice du Département Égalité et Protection sociale – Togo

Selon l’Organisation internationale du travail, près de 80% de la population africaine ne bénéficie d’aucune protection sociale formelle. Cette situation est largement accentuée par le secteur informel, qui concentre jusqu’à 85 % des emplois. L’accès aux soins de santé, aux pensions de retraite et aux allocations reste hors de portée pour la majorité. La mise en œuvre de ces réformes systémiques reste indispensable pour offrir une couverture sociale et des services de base universels à l’ensemble des populations africaines. 

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