Deux semaines après le drame de Zamboye, dans l’ouest de la Centrafrique, l’exploitation aurifère reste suspendue. Au-delà du bilan humain, cette fermeture met en lumière la forte dépendance économique des populations locales à l’activité minière. Un secteur paradoxalement stratégique pour les exportations du pays, mais dont la contribution à l’économie nationale reste limitée.
À Zamboye, deux semaines après l’éboulement meurtrier qui a frappé cette zone aurifère située près de la frontière camerounaise, les activités restent suspendues. Une fermeture qui met brutalement à l’arrêt toute une économie locale, largement dépendante de l’exploitation de l’or. Pour de nombreux jeunes, la mine représente la principale source de revenus.
Nous avons grandi dans les zones minières et appris ce métier depuis notre enfance. Pour beaucoup de jeunes ici, l’exploitation minière est le principal moyen de gagner leur vie et de faire vivre leurs familles. Je comprends la décision du gouvernement de suspendre les activités. Mais si ces jeunes restent longtemps sans travailler, nous risquons d’être confrontés à de sérieux problèmes sociaux.
ALIOU GARGA, Président directeur général de la société Douakouzou de Zamboye
Un enjeu local qui révèle surtout un paradoxe national. Selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, le secteur extractif ne représentait que 1,8 % du PIB centrafricain en 2023, alors qu’il pesait 92 % des exportations nationales. Un décalage qui interroge la capacité du pays à transformer ses importantes ressources naturelles en véritable richesse économique.
Les revenus issus des ressources minières restent extrêmement faibles dans l’économie centrafricaine. Comparée à d’autres pays disposant d’importantes ressources naturelles, la contribution du secteur reste limitée. Cela montre que le potentiel existe, mais que le pays ne parvient pas encore à transformer pleinement ses ressources minières en richesse et en développement économique.
DIDACE SABONE, Économiste
En 2024, l’or et le diamant représentaient encore plus d’un tiers des exportations de marchandises centrafricaines. À Zamboye, la question dépasse désormais la reprise des activités : le défi est de faire de l’or une véritable richesse pour l’économie nationale.



