Les crises humanitaires s’intensifient en Afrique, alors que les financements traditionnels peinent à répondre à des besoins toujours plus importants. Avec 44 millions de personnes déplacées de force fin 2024, selon le HCR, le continent fait face à une situation qui pousse les acteurs privés à renforcer leur engagement. Entreprises, banques, fondations et investisseurs sont désormais sollicités pour financer, mais aussi créer des emplois, développer des services et soutenir l’autonomie des populations vulnérables.
L’Afrique fait face à une urgence humanitaire qui ne cesse de s’aggraver . À la fin de 2024, 44 millions de personnes se sont déplacées de force sur le continent, selon le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés). L’Afrique subsaharienne abrite par ailleurs près de la moitié des 63 millions de personnes déplacées internes dans le monde. Face à cette situation, les financements traditionnels peinent à suivre.
« En Afrique, où une grande partie de la population exerce dans le secteur privé, y compris dans le secteur informel, il est important de souligner que le secteur privé ne reste pas en marge lorsque survient une crise. »
Marie-Laure Akin-Olugbade, Vice-présidente principale, BAD – Cameroun
Le secteur privé apparaît dès lors comme un relais indispensable. Entreprises, banques, opérateurs télécoms, fondations et investisseurs disposent de ressources financières, technologiques et humaines susceptibles de compléter l’action humanitaire. Les premiers résultats témoignent de cette dynamique. En 2024, le HCR a travaillé avec plus de 50 acteurs privés en Afrique, permettant à 200 132 personnes de bénéficier de programmes dans l’éducation, l’emploi et l’agriculture.
“Le rôle des compagnies de télécommunications est de rétablir rapidement les communications afin de permettre aux agences de soutien de mieux coordonner leurs actions et d’apporter une aide plus efficace aux populations touchées. . Ainsi, chacun a un rôle à jouer dans la réponse à une crise”.
Marie-Laure Akin-Olugbade, Vice-présidente principale, BAD – Cameroun
Pour la Banque africaine de développement et ses partenaires, l’enjeu est désormais d’attirer davantage d’investissements privés dans les zones affectées par les déplacements. Agriculture, infrastructures, énergies renouvelables et télécommunications sont considérées comme des secteurs prioritaires pour transformer l’aide d’urgence en solutions économiques durables.



