401 incidents terroristes recensés en cinq mois, 448 postes vacants et près de 600 millions d’unités de compte d’arriérés : les chiffres traduisent la gravité du choc financier et sécuritaire auquel fait face l’Afrique de l’Ouest. Pour y répondre, le Général Birame Diop prend la tête de la Commission de la Cedeao avec un plan d’action étalé sur quatre ans. Entre le maintien du dialogue avec les trois pays de l’Alliance des États du Sahel et la mobilisation de 481 millions de dollars pour la future brigade antiterroriste, l’équation s’annonce complexe. La nouvelle direction devra impérativement transformer ces urgences comptables et sécuritaires en résultats concrets pour la population d’ici à 2027.
À Abuja, au Nigeria, le général Birame Diop a pris les commandes de la Commission de la Cedeao avec une feuille de route qui s’étend sur quatre ans. Son ambition : renforcer l’intégration régionale, relancer la coopération et rapprocher l’organisation des populations. Mais le nouveau président arrive à la tête d’une Communauté réduite à 12 États, après le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Entre dialogue avec la Confédération des Etats du Sahel , sécurité, projet de monnaie commune l’Éco et financement, les premiers mois de son mandat seront déjà décisifs.
Les orientations que nous avons reçues des plus hautes autorités, c’est de respecter cette décision souveraine prise par les trois pays, mais de continuer à garder la main tendue pour qu’ensemble nous puissions explorer et exploiter toutes les opportunités qui seront offertes aux deux partis pour essayer de coopérer le plus étroitement possible.
Birame Diop, Président de la Commission de la Cedeao
La sécurité sera l’un des principaux tests de son mandat. Face à la progression des groupes armés et aux menaces qui se rapprochent des pays côtiers, la coordination régionale reste un enjeu majeur. Renseignement, contrôle des frontières et coopération entre forces de sécurité figurent parmi les dossiers prioritaires. Sur le plan économique, l’officier supérieur et homme politique sénégalais Birame Diop veut également accélérer la libre circulation des personnes et des marchandises. L’objectif est de faciliter les échanges et de rendre les politiques communautaires plus concrètes pour les populations.
J’ai regardé, il y a plus de 50 programmes qui ont été déjà conçus et qui peuvent être mis en œuvre donc, nous devons nous donner les moyens de les mettre en œuvre. Et finalement, prendre en compte aussi toutes ces pressions sécuritaires auxquelles nous sommes confrontés. Cela est extrêmement important. Donc, pour prendre en charge tous ces chantiers qui sont d’une complexité avérée, nous devons avoir une commission qui est engagée, une commission qui est solidaire, une commission qui regarde dans la même direction parce qu’elle a mis en place une vision qui lui permet d’avoir une bonne feuille de route qui, si elle est mise en œuvre de manière réfléchie, pourra permettre de prendre ces chantiers à bras le corps et d’avoir des résultats au-delà peut-être de nos attentes.
Birame Diop, Président de la Commission de la Cedeao
Six chantiers, quatre années de mandat et déjà plusieurs échéances majeures en vue. D’ici à la fin de 2026, le général sénégalais Birame Diop devra notamment faire avancer le dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de l’AES, avec un accord-cadre attendu au quatrième trimestre. En 2027, le projet de monnaie commune, l’Eco, et la Brigade antiterroriste de 1 650 hommes devront franchir une nouvelle étape. Cette force nécessitera un financement annuel estimé à 481,46 millions de dollars. Mais la nouvelle direction devra aussi s’attaquer aux 595,69 millions d’unités de compte d’arriérés communautaires et pourvoir 448 postes vacants au sein de la Commission. Des défis financiers et institutionnels qui s’ajoutent à une situation sécuritaire toujours préoccupante, avec 401 incidents terroristes enregistrés entre janvier et mai 2026.



