Afrique : 60% de pétrole raffiné importé

L’Afrique veut accélérer le financement de son secteur énergétique pour soutenir son industrialisation. À Luanda en Angola, l’OPPA appelle les banques à davantage investir dans les projets du continent. Un enjeu majeur alors que des centaines de millions d’Africains restent sans accès à l’électricité.

Le financement s’impose comme l’un des grands défis du secteur énergétique africain. À Luanda en Angola, lors de la 7ème édition de la Conférence et Exposition internationale sur le pétrole et le gaz en Angola (AOG 2026) le secrétaire général de l’Organisation des pays producteurs de pétrole africains (OPPA), Farid Ghezali, a appellé les banques à mobiliser davantage de ressources pour soutenir les projets énergétiques. Un appel lancé alors que près de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité et que le continent ne capte qu’une faible part des investissements énergétiques mondiaux.

‘’   L’Afrique, comme vous le savez, n’a pas de manque de ressources. Nous avons de l’huile, nous avons de l’oxygène. Nous avons aussi de fortes potentielles demandes en cours. Mais les ressources, comme vous le savez aussi, ne créent pas de prospérité. Ce qui compte, c’est notre capacité à transformer ces ressources en valeurs économiques réelles.    ‘’

Farid Ghezali, Secrétaire général de l’Organisation des pays producteurs de pétrole africains (OPPA)Algérie 

Outre la production d’hydrocarbures, l’OPPA vise désormais à accroître la création de valeur en Afrique. Raffineries, infrastructures, centrales électriques et développement gazier doivent permettre de réduire les importations et de stimuler l’industrie locale. Car si l’Afrique produit environ 12% du pétrole mondial, elle importe encore plus de 60% de ses produits pétroliers raffinés, selon l’OPPA.

    La richesse qui est créée actuellement par la transformation des matières premières est une richesse qui n’est pas cyclique. C’est-à-dire qu’elle ne crée pas de l’argent immédiatement après l’industrialisation. Il faut mettre en place un cycle qui transforme cette richesse directement en argent et cet argent directement en énergie en créant des pôles de développement intégrés qui s’autofinancent sans avoir besoin d’autres acteurs extérieurs parce que la richesse structurelle est là. Il faut l’accompagner, il faut l’encadrer, il faut la rendre pérenne.  ‘’

Honoré Justin MONDOMOBE, Expert en Intelligence économiqueCameroun

Pour répondre à ce déficit de financement, l’OPPA et Afreximbank misent notamment sur l’Africa Energy Bank, dotée d’un objectif de capital de 5 milliards de dollars. L’institution ambitionne de faciliter l’accès aux financements et attirer davantage de capitaux privés vers les projets énergétiques africains. À Luanda, l’Angola illustre cette volonté d’attirer les investissements tout en développant ses capacités locales. Pour l’OPPA, le véritable succès énergétique du continent se mesurera désormais moins aux barils exportés qu’à l’électricité produite, aux emplois créés et à la richesse générée localement.

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