25 ans après la résolution 1325 de l’ONU, la participation des femmes aux processus de paix reste limitée. Les 9 et 10 septembre 2026, Cotonou a accueilli la 2ᵉ édition du Processus de Swakopmund, consacrée aux femmes, à la paix et à la sécurité. Deux jours de discussions organisés dans le cadre de la présidence béninoise du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, que le Bénin assure depuis le 1er septembre pour un mois.
Alors que seulement 7 % des femmes participent aux processus de paix et 14 % aux processus de règlement des conflits, l’Afrique dispose pourtant, plus de 25 ans après l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, d’un arsenal riche en textes et en engagements. Réunis à Cotonou au Bénin du 9 au 10 septembre 2026 dans le cadre de la deuxième édition du Processus de Swakopmund et sous la présidence béninoise du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, les participants ont ainsi moins cherché à produire de nouvelles normes qu’à identifier les obstacles persistants à leur application. Pendant deux jours, ministres, experts des 15 États membres du CPS, représentants d’ONU Femmes, médiatrices, organisations féminines et acteurs de la société civile ont débattu des leviers permettant de renforcer la place des femmes dans les mécanismes de paix et de sécurité. Les travaux se sont articulés autour de trois axes principaux : le bilan du Processus de Swakopmund, l’opérationnalisation du cadre de l’Union africaine relatif aux quotas de femmes, et le renforcement de leur rôle dans l’alerte précoce, la prévention des conflits ainsi que leur intégration accrue au sein des forces de défense et de sécurité.
Nous devons nous déplacer décisivement au-delà des chiffres. Les quotas et la paix sont des instruments importants, mais leur objectif est d’assurer que les femmes soient représentées Les femmes doivent être tenues et pouvoir influencer les décisions à travers la prévention, la médiation, les négociations de paix et la construction de la paix. La participation des femmes doit devenir une caractéristique constante des processus de paix dirigés par l’Union africaine et les processus de paix dirigés par l’Union africaine, plutôt que d’être une exception.
LIBERATA MULAMULA, Envoyée spéciale du président de la CUA pour les femmes, la paix et la sécurité
Les participants ont axé leurs travaux sur la participation, la prévention et la protection, soulignant le rôle crucial des femmes face au terrorisme. Tout en rappelant ses avancées nationales, telles que la gratuité du secondaire pour les filles et l’atteinte d’une représentation de 25,7 % à l’Assemblée nationale, le Bénin a mis en lumière l’urgence de transformer ces quotas en un véritable pouvoir de décision. L’enjeu majeur de ces assises demeure ainsi le passage d’une simple présence institutionnelle à une influence réelle dans les processus de paix.
Il faut protéger, protéger et je vous rassurer que nous signerons bien la convention sur la protection des violences faites sur l’interdiction des violences faites aux femmes et aux filles. Il n’en fait aucun doute. C’est juste une question de processus administratif. Mesdames, Victoire. Pendant longtemps, les femmes ont été appelées, après les crises, à réparer ce qu’elles n’avaient pas particulièrement été associées à prévenir. Et c’est là que le processus d’alerte précoce a toute son importance. Et puis, notre responsabilité, qui doit effectivement être en amont, être dans l’évaluation des risques, être dans l’application, doit faire de cette réunion de Cotonou, de ce deuxième séminaire du processus de soi, comprendre un passage, un passage de la présence à l’influence réelle, de l’engagement à l’exécution..
CORINNE AMORI BRUNET, Ministre des Affaires étrangères du Bénin
Lancé en mars 2024 en Namibie, le Processus de Swakopmund franchit une nouvelle étape à Cotonou à l’occasion de cette deuxième édition accueillie par le Bénin. Alors que, à l’échelle d’une Union africaine comptant 55 États, seules 7 % des femmes participent aux processus de paix et 14 % à leur règlement, l’institution panafricaine érige en priorités absolues le renforcement de l’alerte précoce, la pérennisation des financements et la transformation des quotas en un réel pouvoir de décision.



