Focus – AfriCaribbean : de la justice historique à l’action collective

Longtemps cantonnée à la reconnaissance des blessures de l’histoire, la question des réparations prend aujourd’hui une nouvelle dimension. L’Afrique et les Caraïbes cherchent désormais à transformer une revendication historique en stratégie commune, avec des réponses attendues sur les plans politique, économique et social. 

La troisième Conférence régionale sur les réparations s’est tenue les 18 et 19 septembre 2026 à Bridgetown, à la Barbade. Elle fait suite au sommet Afrique-CARICOM d’Addis-Abeba, en septembre 2025, et à la première réunion conjointe sur les réparations, organisée en juin 2026. L’objectif: renforcer la position commune entre l’Afrique et les Caraïbes et passer de la reconnaissance des crimes liés à l’esclavage et au colonialisme à des actions concrètes en faveur des réparations. (SOURCE ; Doculux )

« J’appelle ici à ne pas considérer cela comme un simple événement parmi tant d’autres, mais à reconnaître que, dans tout ce que nous faisons, tant au niveau national qu’international, le moment est venu de repenser et de refaçonner les règles qui permettent à nos populations d’être vues, entendues et prises en compte. Et cela ne pourra se réaliser que si nous restons résolus dans cette démarche. »

Mia Amor Mottley, Première ministre – Barbade

Au centre des discussions : le Plan en dix points de la CARICOM. Il porte notamment sur les excuses officielles, la restitution du patrimoine, le rapatriement, mais aussi l’éducation, la santé et le développement. En juillet 2026, les chefs de gouvernement de la CARICOM ont approuvé une version révisée du plan. L’enjeu est désormais de traduire ces revendications en politiques concrètes, avec le soutien de l’Union africaine. 

« Les commémorations d’aujourd’hui soulignent l’importance de garantir la pleine jouissance des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques, tout en favorisant un accès égal à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé, au logement et aux opportunités économiques. »

Dame Pearlette Louisy, Comité national des réparations – Sainte-Lucie

La conférence a porté sur le financement des réparations, les archives, la restitution du patrimoine et les stratégies juridiques. Elle s’inscrit dans le sillage de la résolution de l’ONU du 25 mars 2026, adoptée par 123 voix contre 3, avec 52 abstentions. Un enjeu qui concerne directement l’Afrique : plus de 12,5 millions d’Africains ont été capturés et embarqués dans la traite transatlantique, dont plus de 5 millions depuis l’Afrique centrale occidentale.

« Les discussions mondiales de cette année portent également sur la justice réparatrice à travers la situation des droits humains de notre jeunesse et offrent à l’humanité l’occasion de réfléchir à la manière de transformer les engagements existants en actions concrètes. »

Dame Pearlette Louisy, Comité national des réparations – Sainte-Lucie

L’Afrique et les Caraïbes veulent donc passer de la mémoire à l’action. L’objectif : définir des engagements, des moyens et un calendrier commun pour faire des réparations un véritable programme de justice, de développement et de coopération. 

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