Au Burkina Faso, la souveraineté alimentaire entre dans une nouvelle phase d’investissement. Le gouvernement a lancé un programme de 255 milliards de francs CFA pour aménager 50 000 hectares de périmètres irrigués d’ici octobre 2027. L’objectif est de réduire la dépendance aux pluies, d’accroître les récoltes et de soutenir les revenus ruraux. Une stratégie qui dépasse les frontières nationales, dans une Afrique de l’Ouest où l’agriculture reste un pilier de l’emploi et de la stabilité économique.
Le Premier ministre burkinabè, Emmanuel Ouédraogo, a lancé le 20 octobre 2026, un grand programme d’aménagement dans la région du Nakambé. Prévoyant notamment 750 forages, ce projet vise à optimiser la maîtrise de l’eau dès la campagne sèche 2026-2027 pour atteindre trois cycles de production annuels. L’objectif est d’assurer la souveraineté alimentaire, en réduisant les importations et en soutenant les marchés ainsi que l’élevage. Toutefois, le chef du gouvernement rappelle que cette autonomie repose aussi sur la modernisation industrielle et la valorisation locale.
“ Si la production a augmenté, il faut trouver les mécanismes et les moyens modernes pour pouvoir assurer la transformation de ce riz afin de mettre sur la place du marché du riz de qualité. Et comme vous avez vu, cette unité qui a une capacité de 100 tonnes par jour permet véritablement toutes les étapes de la transformation du riz.”
Emmanuel Ouedraogo, Premier ministre – Burkina Faso
L’industrialisation agricole au Burkina Faso porte un enjeu avant tout social, alors que le secteur représentait 52 % de l’emploi en 2025. Après avoir généré plus de 91 000 emplois selon le gouvernement burkinabé, entre 2023 et 2025, l’Offensive agropastorale vise la création de 125 000 postes supplémentaires pour sa phase 2026-2028, un succès qui dépendra aussi de l’adhésion des consommateurs.
“C’est du riz de qualité qui sort de nos rizières, des moyens et des équipements sont déployés pour la transformation afin de leur offrir un produit de qualité. Donc évidemment, il ne faut pas hésiter un seul instant à faire la préférence du riz produit localement. Et c’est ce qui va permettre évidemment que nous soyons à la hauteur des ambitions qui ont été fixées par le camarade président du FASO. ”
Emmanuel Ouedraogo, Premier ministre – Burkina Faso
Avec près de 255 milliards de FCFA consacrés à l’aménagement de nouveaux périmètres irrigués, le Burkina Faso fait de la maîtrise de l’eau un levier de sa souveraineté alimentaire. Pour l’Afrique, le défi est plus large : produire suffisamment, transformer localement et faciliter les échanges entre pays. La souveraineté alimentaire ne se mesure pas seulement aux récoltes, mais aussi à la capacité de créer des emplois, de soutenir les revenus ruraux et de bâtir des filières africaines compétitives.



