Afrique : seulement 0,38 % du PIB consacré à la recherche scientifique

En Afrique, la recherche scientifique fait face à un défi majeur : transformer les découvertes des laboratoires en solutions concrètes pour la santé des populations. Diagnostic, prévention et surveillance des maladies, l’enjeu est de renforcer les capacités locales pour mieux répondre aux urgences sanitaires. À l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, les échanges scientifiques relancent la réflexion sur les moyens de faire de l’innovation un véritable levier de santé publique.

Comment faire de la recherche scientifique un levier concret d’amélioration de la santé des populations ? C’est l’un des enjeux auxquels l’Afrique est confrontée. À l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), les échanges du colloque du 23 octobre 2026 ont réuni des acteurs du monde scientifique autour des enjeux de la recherche, de la formation et de l’innovation en Côte d’Ivoire et en Afrique. Un défi important dans une Afrique subsaharienne qui comptait seulement 88 chercheurs par million d’habitants en 2023, selon l’UNESCO.

 “  Quand nous envoyons nos jeunes se former à l’étranger, moins de la moitié reviennent. Nous devons donc développer, sur le continent, les capacités nécessaires pour former les jeunes scientifiques. C’est ce que nous avons fait à WACCBIP. Nous avons créé un environnement qui permet de former de jeunes scientifiques capables de mener des recherches de haute qualité ici, en Afrique. Les données que j’ai présentées montrent que plus de 80 % des étudiants que nous formons sont toujours en Afrique et travaillent dans des institutions africaines. De même, plus de 90 % des chercheurs postdoctoraux que nous formons restent sur le continent.  ‘’

AWANDARE A.Gordon, Directeur fondateur du WACCBIP – Ghana

L’enjeu est de traduire les connaissances scientifiques en solutions concrètes pour les centres de santé. En Côte d’Ivoire, l’incidence du paludisme est passée de 270 cas pour 1 000 habitants en 2024 à 231 en 2025, selon le ministère de la Santé. Parallèlement, 8 209 nouvelles infections au VIH et 8 366 décès liés au sida ont été recensés en 2024. Pour mieux répondre à ces défis, le professeur Touré Offianan préconise une plateforme commune de surveillance génomique afin de suivre l’évolution des maladies et d’orienter les interventions sanitaires.

‘’  L’autre recommandation forte aussi c’est d’avoir une seule plateforme technologique notamment en termes de surveillance génomique et qui nous permettra de faire la surveillance génomique en routine que ce soit sur le paludisme, que ce soit sur le VIH, sur les autres maladies qui sont, j’allais dire, importantes pour le pays à surveiller.   ’’

Professeur Touré Offianan André, Directeur scientifique de l’Institut Pasteur – Côte d’Ivoire 

La mise en place d’une telle plateforme pourrait contribuer à mieux suivre l’évolution des agents infectieux et à orienter les interventions sanitaires. Les experts appellent à une nouvelle gouvernance scientifique tournée vers le développement national. Dans un contexte où l’UNESCO estime les dépenses de recherche à 0,38 % du PIB en Afrique subsaharienne en 2023, renforcer les capacités locales apparaît essentiel pour améliorer la surveillance des épidémies et faire de l’innovation un levier de santé publique. 

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