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African Union Journal – l’Interview : Pierre MOUKOKO MBONJO, chef de l’unité de mise en œuvre des reformes institutionnelles de l’Union africaine

Dans cette interview exclusive, Pierre MOUKOKO MBONJO, chef de l’unité de mise en œuvre des reformes institutionnelles de l’Union africaine (UA) apporte des éclaircissement sur ces réformes de l’institution panafricaine et présente l’harmonisation des compétences entre l’UA et les Communautés  Économiques Régionales

1. Les réformes institutionnelles sont une priorité du Président de la Commission, S.E. Moussa Faki  MAHAMAT depuis 2016. Pourriez-vous nous indiquer où en sont les travaux ? 

D’abord il faut bien préciser que le leader de la réforme institutionnelle de l’Union Africaine est un chef d’État qui est Paul Kagamé à qui la conférence des chefs d’États a confié la mission justement en juin 2016 à l’occasion du sommet de Kigali. Alors beaucoup a été fait depuis 2016 plus précisément à partir de 2017. C’est donc en 2017 que Paul Kagamé a soumis son rapport aux États membres qui a été adopté par les chefs d’État. C’est un programme qui touche 4 points fondamentaux. D’abord au niveau de la division du travail entre l’Union africaine, les communautés économiques régionales, les mécanismes régionaux et les États membres. L’idée est la suivante : l’Union Africaine embrasse un peu trop et qui trop embrasse mal étreint.

Les chefs d’États ont donc décidé de faire en sorte que l’Union africaine au niveau continentale se concentre plus particulièrement sur les affaires politiques, les questions liées à la paix et la sécurité, l’intégration régionale y compris la zone de libre échange continentale africaine et tout ce qui touche à la représentation globale du continent c’est à dire la voie de l’Afrique sur la scène mondiale. Vu les défis, l’Union africaine se concentre sur ces 4 priorités. À côté nous avons les communautés économiques régionales, la CEDEAO, la CEEAC, la SADC, la COMISA. Il faut qu’on divise le travail, faudrait qu’on sache qu’est ce qui se fait au niveau continental, qu’est ce qui se fait au niveau régional et qu’est ce qui se fait au niveau des États membres et comment celà se fait, c’est ça qu’on appelle la division du travail. Si c’est dans tel secteur faudrait qu’on sache que ce domaine est exclusivement réservé à tel ou tel niveau mais par contre ce domaine là, peut être partagé entre les 4 niveaux. Il s’agit là de l’un des axes fondamentaux de la réforme institutionnelle de l’Union africaine, une division du travail claire entre les 3 niveaux de décision que j’ai évoqué, mais il y a pas que ça. Disons qu’il y a la mise à jour, la restructuration, la redéfinition éventuelle des mandats et des structures des organes clés de l’Union africaine. D’abord la commission de l’Union africaine, vous savez que cette commission c’est l’organe exécutif de l’Union qui a deux organes, politique de décision au plus haut niveau, la conférence des chefs d’États et des gouvernements, c’est la 35ème qui vient de se terminer. Au deuxième niveau : le conseil exécutif qui est la réunion des ministres des relations extérieures, ministres des affaires étrangères.

Lorsque deux organes ont décidé, c’est la commission qui met en œuvre les politiques décidées par ces deux organes. alors il a fallu restructurer la commission rendre de manière à ce qu’elle soit plus performante, des décisions ont été prises depuis 2018, la commission était composé de 10 membres, aujourd’hui elle est composé de 8 membres mais spécificité à laquelle j’aime toujours revenir, la commission de l’Union africaine est le seul organe sur le plan internationale ou la parité homme femme est parfaitement respecté. avant il y avait 5 hommes et 5 femmes et aujourd’hui il y a 4 hommes et 4 femmes avec la spécificité suivante au terme de la réforme on appel ça le système de quota zébré, c’est à dire que si le président de la commission est un homme alors automatiquement tous les candidats homme au poste de vice-président sont éliminés et ont élit une dame et vice versa. Donc cette commission a été restructurée à ce niveau de leadership de la commission président vice président, les commissaires, mais également il a fallu restructurer tout l’organigramme, toute la structure départementale de la commission, chose qui a été faite.

Au niveau de la commission Soc qui est en cours maintenant, est un plan de transition qui a été mis en place, comment passer en termes de personnel en termes des différents postes, comment passer de la structure actuelle à la nouvelle structure, le processus est très avancé. Maintenant il reste d’autres organes puisque l’Union africaine à plusieurs organes il y a pas que la commission de l’Union africaine, alors les organes qui n’ont pas été totalement restructurés d’abord le parlement panafricain, la cours africaine des droits de l’homme et des peuples, la commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la commission africaine du droit international, le comité consultatif pour la lutte contre la corruption, et le comité pour la protection du bien être et le droit des enfants. Alors à ce niveau là le travail est relativement avancé, mais il n’est pas encore finalisé.

2. Comment expliquer le retard pris dans ces travaux et comment vous permettre de réussir à livrer  vos recommandations à la Commission de l’Union Africaine ? 

Le mot retard est très relatif  par rapport au calendrier initial. On peut parler de retard, mais je vous explique : le calendrier initial prévoyait que la réforme partait de janvier  2017 c’est la date à laquelle la grande décision, on l’appelle décision 635 a été prise par les chefs d’État, et la réforme était censée être finalisée en janvier 2019. mais c’était sans compter avec ce qu’on appelle en terme technique le processus intergouvernemental. La société internationale est la  société d’État souverain et c’est vrai également pour l’Afrique, il ya 55 États membres qui sont souverain, donc 55 chefs d’État et de gouvernement, 55 ministres des affaires étrangères ou des relations extérieures, 55 ambassadeurs.

Chaque fois que le projet est présenté au comité des représentants permanent là au siège les ambassadeurs des 55 États auprès de l’Union africaine, effectivement il y a tout un processus qui se met en marche, le projet est présenté à ce comité qui l’envoie à ces sous comités compétents : le sous comité de réforme structurelle, le sous comité chargé des questions budgétaires, cela prend du temps, la délibération prend du temps, ensuite il faut aller au niveau comité lui même au sens plénière  après cela le comité transmet cela au conseil exécutif, le comité prépare les décisions du conseil exécutif, et le conseil exécutif prépare les décisions de la conférence des  chefs d’États et de gouvernement et pour construire le consensus qui n’est pas chose facile, j’avoue quand même que j’ai été pendant quelques années été ministres des relations extérieures du Cameroun, dont j’ai été membre du conseil exécutif, j’avoue que moi même je ne prenais pas la mesure du travail préparatoire qui est fait au niveau des ambassadeurs, nous on est arrivé à Addis Abeba on passait une semaine, mais le travail qui se fait c’est pendant des mois. Quand les ministres arrivent sur place, le travail préparatoire est fait, nous passons deux à trois jours de réunions, nous accueillons nos chefs d’États et de gouvernement, ils passent deux ou trois jours de réunions, mais avant d’arriver à cette étape il y a tout un travail préparatoire, avec des débats quelques fois très intense parfois passionné qui permet de formuler les projets de propositions qui seront adoptés.  donc tout cela prend du temps.

Ensuite il y a des consultations, car un organe ne peut pas s’auto réformer, quand on faisait la réforme de la commission on a discuté avec tous les commissaires, avec tous les directeurs qui chacun vous donnera des proposition qui sont à son avantage mais alors au parlement panafricain ils vont vous préparer un dossier qui est quasi prés, à la cours africaine, les juges vont vous dire qu’on a besoin de ceci, la commission des droits de l’homme, les commissaires. dans tout celà il faut devoir prendre le temps de la réflexion, bien comprendre les dynamiques, les problématiques, et ça prend du temps et quelquefois aussi en tant que chef d’unité, j’ai des collaborateurs mais pas en nombre infini, quelques fois il faut faire appel à des collaborateurs extérieurs on peut demander l’appui de tel ou tel consultant, que ce soit une firme de consultant soit des personnalités indépendantes africaines, c’est un processus qui prend du temps.

3. Qu’en est-il de l’harmonisation des compétences entre l’Union Africaine et Les Communautés  Économiques Régionales ? 

Merci pour cette question, car j’ai effectivement commencé par la, sur les 4 domaines, l’Union africaine doit se concentrer sur 4 domaines et laisser les autres aux communautés économiques commissions régionales et aux États membres bien attendu. nous avons déjà finalisé la division du travail en ce qui concerne les affaires politiques, donc aujourd’hui c’est clair, qu’est ce qu’il y a au niveau du continent, des régions, ou bien des communauté économiques et régionales, et qu’est ce qui est fait au niveau des États membres. 

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