En Côte d’Ivoire, faire des corridors de transport de véritables leviers de croissance pour l’Afrique de l’Ouest : c’est l’un des défis au cœur du Forum d’affaires UE-régional, tenu le 31 mars 2026. Face à la pression démographique, à l’intensification des échanges et à des infrastructures encore insuffisantes, experts et décideurs appellent à repenser en profondeur les systèmes de mobilité. Un partenariat renforcé entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne, avec plus d’un milliard de dollars d’investissements annoncés pour soutenir la transformation économique du pays et moderniser des corridors stratégiques, essentiels à l’intégration régionale.
En Côte d’Ivoire, en mars 2026, le Forum d’affaires UE-régional a réuni experts et décideurs autour d’un enjeu majeur : comment faire des corridors de transport des moteurs de développement pour l’Afrique de l’Ouest. La croissance démographique et l’intensification des échanges économiques mettent à rude épreuve des infrastructures vieillissantes et fragmentées. Les embouteillages chroniques, les temps de trajet excessifs et la pollution pèsent sur la vie quotidienne des populations et la productivité des entreprises. Pour relever ce défi, les réflexions du forum ont tablé sur une approche intégrée : planification urbaine, logistique et transport, combinées à la promotion de solutions bas carbone et aux énergies renouvelables.
“On ne peut pas avoir de bon corridors si les villes de départ ne sont pas bien traitées. C’est pourquoi nous sommes venus présenter l’expérience d’Abidjan, des efforts que le gouvernement est en train de faire pour qu’on puisse avoir une ville qui fonctionne parce que 90 % des richesses du pays sont pratiquement issues des entreprises à Abidjan.”
ROMAIN KOUAKOU, Directeur général, Autorité de la mobilité urbaine dans le grand Abidjan – Côte d’Ivoire
En marge du Forum d’affaires UE-régional, la Côte d’Ivoire et l’Union européenne renforcent leur partenariat dans la mise en œuvre du Plan National de Développement 2026-2030. D’un montant de 655,95 milliards de FCFA, soit 1 milliard USD, ce financement vise à soutenir des secteurs clés de la transformation économique du pays.
“Nous avons également discuté du soutien actuel qui s’élève à 1 milliard d’euros dans la période actuelle sur des filières stratégiques sur les filières agricoles du cacao de l’anacarde. L’objectif de création d’emploi en soutien au secteur privé. Nous souhaitons encourager les investissements du secteur privé européen avec le secteur privé ivoirien.”
MYRIAM FERRAN, Directrice adjointe de la Commission de l’Union européenne – France
Pour Abidjan, pivot stratégique des corridors ouest-africains, un portefeuille de projet estimé à 2000 milliards d’euros est prévu pour désengorger la circulation. La digitalisation figure également au cœur des recommandations, avec des plateformes interopérables pour un système de mobilité fluide et sécurisé.
“En termes d’infrastructures de route et d’ouvrage qu’on a construit, ce ne sont pas moins de 3000 milliards que l’État a consacré depuis ces 10 dernières années dans les routes. Et les services transports que nous réalisons actuellement notamment le métro, et tout ce qui s’en suit, ce n’est pas moins de 2000 milliards que nous investissons. mais nous le faisons, et il faudrait que ces infrastructures soient utilisées efficacement qu’on respecte les règles de la circulation.”
ROMAIN KOUAKOU, Directeur général, Autorité de la mobilité urbaine dans le grand Abidjan – Côte d’Ivoire
Les experts insistent sur la levée des barrières non tarifaires et l’harmonisation des procédures douanières, essentielles pour fluidifier le commerce intra-africain, qui représente actuellement moins de 20 % du commerce total régional. Créer des corridors efficaces et sécurisés pour soutenir l’émergence d’un marché commun ouest-africain de 400 millions de consommateurs, tout en mobilisant plusieurs milliards de dollars d’investissements sur les prochaines années.