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Afrique : 208 milliards USD d’échanges intra-africains en 2024

Les politiques économiques occupent une place centrale dans l’ouverture des marchés en Afrique et la progression vers une intégration régionale effective. Malgré les initiatives comme la ZLECAf, les échanges restent freinés par des contraintes institutionnelles et réglementaires. Toutefois, les réformes engagées en matière de commerce, de douanes et d’investissement témoignent d’une volonté croissante d’ouverture, faisant des politiques publiques un levier essentiel de l’intégration économique du continent.

Malgré la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), censée transformer l’Afrique en un marché unifié, les frontières économiques du continent restent largement intactes. Les ambitions d’intégration se heurtent encore à des difficultés de gouvernance et de mise en œuvre, maintenant le commerce intra-africain à un niveau faible : 14 % à 16 % seulement, contre 60 % en Asie et 67 % en Europe.


“ Le commerce intra-africain a progressé, mais représente encore une part modeste du commerce total. Cet écart nous rappelle que l’intégration se réalise par des accords qui doivent ensuite être mis en œuvre par des infrastructures, des institutions et une volonté politique.”

Naana Jane Opoku-AgyemangVice-présidente de la RépubliqueGhana 

Dans le même temps, les États africains intensifient leurs efforts pour mobiliser davantage de ressources internes, en s’appuyant sur les marchés financiers, les réformes fiscales et les banques régionales. Cette dynamique vise à soutenir le financement des infrastructures et à renforcer la compétitivité. En 2024, le commerce intra-africain, estimé à 208 milliards USD, témoigne d’une amélioration progressive des échanges, portée par une stabilité macroéconomique accrue et la montée des investissements.

“ La mobilisation des ressources intérieures. Elle constitue la pierre angulaire de la souveraineté fiscale. À cet égard, la Commission de l’Union africaine continue de placer cette mobilisation au cœur de son agenda continental. Nous ne pouvons atteindre un développement durable ni une véritable souveraineté économique sans renforcer notre capacité à mobiliser, gérer et conserver nos ressources.”

Selma Malika Haddadi, Vice-présidente de la Commission de l’UA Algérie

Les obstacles structurels figent l’Afrique à la marge du commerce mondial. Avec seulement 2 % à 3 % des échanges internationaux, le continent reste principalement tourné vers l’extérieur : plus de 80 % de ses exportations quittent ses frontières. La faiblesse criante des infrastructures, la fragmentation douanière et le manque de diversification industrielle continuent de freiner la construction d’un marché continental intégré.

“ Chaque pays représenté ici connaît les contraintes : l’énergie, la logistique, les compétences, le financement et la gouvernance. La différence entre progrès et stagnation réside dans la volonté des dirigeants de prendre la responsabilité de ces contraintes et de les gérer de manière constante dans le temps.”

Carlos Vila Nova, Président de la RépubliqueSao Tomé-et-Principe 

Avec une croissance attendue à 3,9 % en 2025, les perspectives économiques du continent restent positives. Les réformes structurelles, l’industrialisation et la digitalisation des échanges sont appelées à accélérer le processus d’intégration. À terme, la ZLECAf pourrait accroître les exportations africaines de plus de 50 %, consolidant l’émergence d’un marché continental davantage intégré et compétitif.

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