Afrique – CEDEAO : le commerce régional stagne à 15 %

Le 16 juin 2026, la CEDEAO s’est réunie à Banjul, en Gambie pour lever les barrières structurelles freinant l’intégration économique régionale. Bien que l’organisation existe depuis 40 ans, les échanges officiels stagnent entre 10 % et 15 % du total. Cette faiblesse s’explique par les obstacles non tarifaires et l’importance d’un secteur informel encore mal intégré. L’objectif prioritaire est de formaliser cet écosystème en renforçant les capacités et en développant des corridors commerciaux. La mise en œuvre d’un régime commercial simplifié a été identifiée comme le levier de transformation majeur. Ce dispositif doit supprimer les difficultés quotidiennes des petits commerçants pour fluidifier la circulation des produits. L’enjeu final est de transformer ce commerce de proximité en un moteur de croissance structuré pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Une étape décisive pour l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest s’est jouée ce 16 juin 2026 à Banjul, en Gambie . Experts et missions techniques de la CEDEAO se sont mobilisés autour d’une table ronde stratégique sur la question des barrières structurelles qui freinent encore les échanges au sein de l’espace communautaire. Malgré 40 ans d’existence de la CEDEAO, le commerce intrarégional plafonne historiquement entre 10% et 15% des échanges totaux. Cette stagnation s’explique par la persistance de barrières non tarifaires (BNT) et un secteur informel qui reste le véritable moteur, bien qu’invisible, de l’économie régionale. Pour les experts réunis à Banjul, l’urgence est de structurer cet écosystème vers un système formalisé grâce au renforcement des capacités et au développement des corridors commerciaux. 

“Le régime commercial simplifié aujourd’hui dans le cadre régional ‘est une exigence, une nécessité pour les entreprises, pour les commerçants transfrontaliers, une nécessité aussi pour la formalisation du secteur informel; El ‘Afrique est à la traîne, aujourd’hui au niveau de notre région, on est encore à la traîne. En terme d’intégration on a du chemin à faire, nos volumes d’échanges tournent autour de 12% ou 15%. On peut faire mieux si on arrive à éliminer les BNT que nos commerçants rencontrent, les différents usagers rencontrent au niveau de la CEDEAO.”

Mamadou Koné, Délégué de la Chambre de commerce et d’industrie – Côte d’Ivoire

Le constat est frappant : si les statistiques officielles sont faibles, la réalité du terrain est tout autre. En intégrant le commerce informel, le volume des échanges entre pays voisins bondirait de manière spectaculaire. Razack Yessoufou, Directeur de facilitation des échanges à la chambre de commerce et d’industrie du Bénin, apporte un éclairage crucial sur cette dynamique. 

“C’est une bonne solution si on peut avoir un régime qui prend en compte les difficultés auxquelles les commerçants transfrontaliers sont confrontés et qui peut faciliter la circulation des produits. Aujourd’hui quand vous regardez les rapports qui sont faits,, le mouvement des marchandises qui traversent les frontières de façon informelle, en terme de volume, c’est important, puisque selon les statistiques, on est à un niveau de volume d’échanges intracommunautaire de 15%. Mais lorsque vous ajoutez le commerce informel, vous allez rapidement à 70 ou 75% d’échanges entre les pays voisins.” 

Razack Yessoufou, Directeur de facilitation des échanges à la chambre de commerce et d’industrie – Bénin

Les missions techniques à Banjul, qui se poursuivent jusqu’au 19 juin 2026, visent également à harmoniser la concurrence, à assurer la transparence fiscale et à protéger les consommateurs. L’enjeu final reste de transformer ces protocoles techniques en bénéfices concrets pour les 400 millions de consommateurs de l’espace CEDEAO, notamment par la création d’emplois et la sécurisation des approvisionnements alimentaires.

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