S’exprimant au nom de la Commission de l’Union africaine lors de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC qui se tient à Yaoundé, Cameroun, du 26 au 29 mars 2026, Afreximbank et l’Union africaine ont insisté sur l’urgence d’intégrer le continent de manière équitable dans le commerce mondial. Les institutions ont appelé les ministres mondiaux à des réformes concrètes pour l’avenir du multilatéralisme, après avoir exposé les ambitions, les défis et les opportunités du continent.
Dans un contexte de fragilisation des échanges et de tensions géopolitiques, l’Afrique exige une refonte du commerce mondial pour obtenir une place équitable. Lors de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé, les voix africaines ont souligné l’urgence d’un multilatéralisme plus inclusif, crédible et adapté aux pays en développement, face à la désorganisation des chaînes d’approvisionnement et à la perte de confiance institutionnelle. Selon George Elombi, le président d’Afreximbank, le continent, qui ne représente que moins de 3 % du commerce international et exporte plus de 70 % des produits bruts, doit transformer ses matières premières, comme le coton, en industries locales compétitives pour générer emplois et revenus.
“ En tant que partenaires financiers, Afreximbank et l’AFC ont, conjointement et individuellement, fourni des fonds importants sous forme de dettes et de capitaux propres pour soutenir le développement industriel. Nous avons convenu qu’au cours des 15 à 20 prochaines années, les matières premières africaines ne devraient plus être exportées à l’état brut, mais transformées localement en produits finis et textiles à forte valeur ajoutée.”
George Elombi, Président d’Afreximbank – Cameroun
L’Afrique appelle à une refonte du commerce mondial afin d’obtenir une position plus juste. L’Union africaine, à travers l’Agenda 2063, vise une croissance pérenne grâce à l’industrialisation, à la valeur ajoutée et à l’intégration régionale. D’après les autorités, le succès repose donc sur la volonté politique, le développement d’infrastructures adaptées et la mobilisation de partenariats financiers et industriels.
“ À cet effet, notre position est claire : nous devons pleinement participer au processus décisionnel qui façonne les règles du commerce mondial. Ces règles doivent refléter la diversité des réalités du développement, y compris celles des pays aux capacités productives et industrielles limitées.”
Francisca Tatchouop Belobe, Représentante du président de la Commission de l’Union africaine – Guinée équatoriale
Le commerce africain a montré un fort dynamisme en 2024 malgré les turbulences mondiales, avec une hausse de 12,4 % des échanges intra-africains, atteignant 220,3 milliards USD et un commerce total de marchandises estimé à 1 500 milliards USD. En 2024, Afreximbank a décaissé à elle seule plus de 17,5 milliards USD en financement du commerce.



