Des rues saturées de déchets aux nouvelles filières de recyclage, l’Afrique cherche à changer de regard sur ses détritus. Face à une production qui ne cesse de croître, le continent explore désormais des solutions capables de concilier protection de l’environnement, création d’emplois et développement économique. À Ebolowa, au Cameroun, un symposium international ouvre la voie à une nouvelle approche : faire du déchet une ressource au service de la transformation durable de l’Afrique
En Afrique, la croissance démographique et l’urbanisation rapide placent la gestion des déchets au cœur des enjeux de développement. Chaque année, les volumes produits progressent, mettant sous pression les systèmes de collecte et de traitement, avec des conséquences directes sur la santé publique, l’environnement et le cadre de vie des populations. En 2025, le continent a produit environ 244 millions de tonnes de déchets solides ménagers. Alors que 70 à 80 % de ces volumes pourraient être recyclés, seuls près de 5 % sont aujourd’hui valorisés, selon l’African Clean Cities Platform. Face à la pollution urbaine, aux dépotoirs sauvages et aux émissions de gaz à effet de serre, l’urgence est de repenser les modèles de collecte et de traitement.
« Les initiatives existent, mais les déchets continuent d’envahir nos rues. Dans les décharges, leur mauvaise gestion pollue les sols et finit par affecter notre santé. Ce symposium visait à rassembler les acteurs de terrain, les universitaires et les pouvoirs publics pour définir des solutions durables et écologiques en matière de gestion des déchets. »
Colette Djadeu Nguemedyam, présidente du Comité d’organisation du Symposium ME2SGDA – Cameroun
Pour répondre à ce défi continental, la ville d’Ebolowa, dans le Sud du Cameroun, a accueilli du 7 au 10 juillet 2026 la première édition du Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique. Placée sous le thème du « marketing social et de l’entrepreneuriat social comme leviers de changement comportemental », la rencontre a permis à près de 300 participants de partager les expériences, renforcer les capacités des acteurs et faire émerger des solutions adaptées aux réalités africaines. Au Cameroun, par exemple, le potentiel économique de cette filière est déjà visible : l’industrie de la collecte et du recyclage des déchets ferreux aurait généré plus de 18 milliards de FCFA en 2024 et contribué à la création de 20 900 emplois directs en 2025, selon l’Organisation internationale du Travail.
« J’ai énormément appris sur les modèles de gestion des déchets mis en œuvre ailleurs. Une idée essentielle s’est dégagée : il est indispensable d’adopter des solutions adaptées à notre contexte, car ce qui fonctionne dans d’autres pays n’est pas forcément transposable chez nous. »
Étudiante-chMballa A Mvogo Bernadette, Étudiante-chercheure à Université d’Ebolowa – Cameroun
Au-delà des échanges, le symposium ambitionne de devenir un accélérateur d’innovation pour une Afrique plus propre et résiliente. Ainsi, à travers cette mobilisation collective, le Symposium international sur la gestion des déchets entend contribuer à une dynamique continentale où les déchets ne seraient plus seulement perçus comme un problème, mais comme une ressource au service d’un développement durable.



