Afrique : réforme durable du financement des systèmes de santé

La santé communautaire en Afrique de l’Ouest franchit une étape décisive. À Cotonou, la CEDEAO et l’OOAS ont réuni parlementaires et décideurs régionaux pour définir les mécanismes de sécurisation du financement domestique des systèmes de santé.  Cette rencontre a mis en lumière l’urgence d’inscrire la santé parmi les priorités absolues des budgets nationaux. Le Bénin, en tant qu’État hôte, illustre cette dynamique et sert de cadre à ces échanges stratégiques.

Du 25 au 27 mars 2026 à Cotonou, au Bénin, des députés et responsables régionaux ont échangé sur l’autonomie financière des systèmes de santé. Ces discussions interviennent dans un contexte préoccupant : selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seuls 5 % des pays africains respectent l’engagement d’Abuja, qui prévoit de consacrer 15 % du budget national à la santé. Par ailleurs, près de 44 % des ménages financent directement leurs dépenses de santé, tandis que les financements extérieurs restent majoritaires. Une situation qui fragilise la continuité des soins et freine l’amélioration durable des indicateurs sanitaires sur le continent.

« Chaque ressource mobilisée doit se traduire par un service amélioré, un accès élargi au mieux, une vie sauvée. Financer la santé aujourd’hui, c’est prévenir les crises de demain. »

Benjamin Hounkpatin, Ministre de la santéBénin 

Les travaux de l’atelier ont identifié plusieurs leviers concrets pour sécuriser les budgets : la mise en place d’une fiscalité ciblée sur certains produits nocifs pour la santé, la digitalisation et la transparence de la collecte des recettes domestiques, le développement de partenariats responsables avec le secteur privé et les organisations régionales, ainsi que l’utilisation d’instruments régionaux de mutualisation pour soutenir les États les plus vulnérables. Les parlementaires jouent un rôle stratégique : légiférer, protéger les budgets et orienter les ressources vers des mécanismes de financement endogène. 

 » Nous ne devons travailler à comprendre que, véritablement, nous devons nous autofinancer. Et c’est là le rôle du député, c’est de faire comprendre les préoccupations des populations, mais surtout comprendre que les populations ont besoin d’un système de santé vraiment performant et ramener ça au niveau de l’Etat et à travers des commissions que nous avons au niveau de nos différentes assemblées. Mais faire un plaidoyer pour qu’au moins qu’on puisse orienter le budget à défaut d’avoir un budget suffisant, mais au moins prendre le budget global des États. Essayer quand même d’allouer au secteur de santé un budget extrêmement important pour le secteur de la santé. Le secteur de la santé. »

Ismaïla WONE, Député Sénégal

Parmi les priorités, l’allaitement maternel exclusif sur six mois illustre les enjeux concrets : réduction de la mortalité infantile et amélioration de la santé maternelle. Alors que la Côte d’Ivoire et la Gambie en sont à six mois, certains pays comme le Canada ou la Suède vont jusqu’à 16-18 mois. Le Nigeria a montré qu’une mobilisation efficace de ressources domestiques est possible, prouvant que l’autonomie financière des systèmes de santé est accessible. Le lancement, le 24 mars 2026 à Cotonou, de la politique régionale de santé communautaire de la CEDEAO confirme cette dynamique : rapprocher les soins des populations, renforcer prévention et promotion, et garantir une couverture sanitaire durable, avec les parlementaires au premier plan pour transformer ces ambitions en résultats tangibles.

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