Une crise cardiaque, une hémorragie post-accouchement, une convulsion chez un enfant ou une hypoglycémie sévère ne laisseront plus place à la question du paiement avant l’intervention médicale. Réuni en Conseil des ministres, le gouvernement béninois a adopté un dispositif de prise en charge immédiate des urgences vitales dans les établissements publics de santé. Soutenue par un fonds spécial d’un milliard de francs CFA, cette réforme constitue le premier acte social d’envergure du président Romuald Wadagni. Au-delà de la réponse à l’urgence, l’exécutif pose les bases d’une couverture sanitaire plus large à travers la montée en puissance de l’assurance maladie obligatoire.
La santé apparaît comme le premier terrain d’action sociale du nouveau gouvernement du Bénin. L’ambition affichée est de garantir à chaque citoyen l’accès aux soins lorsque sa vie est menacée, indépendamment de sa situation financière. Dans de nombreux établissements de santé africains, les exigences administratives ou financières retardent parfois les prises en charge. Le président de la République Romuald Wadagni souhaite rompre avec cette pratique en instaurant un principe simple : sauver la vie du patient avant toute autre considération. Pour soutenir cette réforme, un fonds de roulement d’un milliard de francs CFA a été mis à la disposition des formations sanitaires publiques. Les médicaments indispensables aux urgences vitales sont désormais prépositionnés directement dans les services d’accueil afin de réduire les délais d’intervention.
L’objectif de la mesure, c’est d’abord de sauver la vie. Que le souci du gain pour couvrir les soins qu’on va donner ne soit pas la priorité des agents de santé. Donc, c’est assez clair et je suis heureux qu’ils y en ait parmi vous qui se préoccupe justement de la question du recouvrement . Ça montre que nos consciences commencent à se lever et qu’on ne pense pas que parce que c’est l’État, ce doit être la gratuité absolue.Et l’enjeu, c’est justement après de pérenniser ce mécanisme.
WILFRIED LÉANDRE HOUNGBEDJI , Ministre, porte-parole du gouvernement
La prise en charge des urgences vitales s’inscrit dans le déploiement de l’assurance maladie obligatoire, qui couvre 80 % des frais de santé moyennant une cotisation annuelle de 15 000 FCFA pour les adultes et 9 000 FCFA pour les enfants. Désormais, aucun paiement préalable n’est exigé en cas d’urgence vitale : les soins sont administrés immédiatement, l’État assurant une couverture totale ou partielle pour les ménages les plus vulnérables. Cette réforme accompagne les investissements engagés dans le secteur, notamment la médicalisation de 130 centres de santé et la réduction du coût de la dialyse à environ 55 000 FCFA par séance.
Dans le panier de soins de base de l’assurance maladie obligatoire. Les urgences et la réanimation sont dans le panier de soins pour les 48 premières heures. Mais vous voyez derrière il y a le tiers payant à payer , mais quand la personne sera prise en charge au regard de la mesure qui est en cours aujourd’hui par rapport à l’urgence vitale, quand il s’avère que c’est vitale, on ne lui demandera pas d’aller payer le tiers payant les 20 % avant de lui faire des soins, on fait comme on a dit et à la fin de son séjour, il va aller payer son tiers payant pour les 20 %. Donc voilà un peu comment va se structurer le futur par rapport à l’assurance maladie, par rapport aux consultations.
BENJAMIN HOUNKPATIN, Ministre de la Santé
À travers ces mesures, l’exécutif fait de l’accès aux soins et de la protection sociale l’un des premiers axes de son action gouvernementale.



