Le Conseil des ministres du 13 mai 2026 restera comme l’un des derniers temps forts politiques du second mandat de Patrice Talon. Dans une atmosphère marquée par l’émotion et la transmission, le Chef de l’État a transformé cette séance gouvernementale en moment de bilan collectif. Face à ses ministres, il est revenu sur dix années de réformes institutionnelles, économiques et administratives engagées au nom de la transformation du pays. À quelques jours de l’investiture du président élu Romuald Wadagni, le Bénin entre désormais dans une nouvelle séquence politique.
Pas de cérémonie officielle d’adieux. Pas de protocole exceptionnel. Patrice Talon a préféré faire de ce dernier Conseil des ministres en tant que Président de la République un moment de reconnaissance, de transmission et de continuité institutionnelle. Devant les membres du gouvernement, il a salué une décennie d’action publique qu’il a décrit comme exigeante, parfois “titanesque”, portée par l’engagement collectif et les sacrifices consentis au sommet de l’État. Dans son intervention, le Chef de l’État a insisté sur la responsabilité historique attachée à l’exercice du pouvoir, mais aussi sur le caractère “sacré” des décisions prises dans la salle du Conseil des ministres. Patrice Talon a également reconnu la rigueur de sa méthode de gouvernance, tout en exprimant sa gratitude envers ses collaborateurs.
« Je voudrais surtout vous exprimer ma fierté, ma reconnaissance pour l’honneur que j’ai eu et a servit le Bénin avec vous, avec beaucoup de passion, beaucoup d’engagement, beaucoup de foi. La cheminée n’a pas été facile, les défis étaient énormes. »
Patrice Talon, Président de la République – Bénin
Cette intervention s’inscrit dans un contexte de transition institutionnelle majeure au Bénin. En dix années de gouvernance, le régime de Patrice Talon aura profondément reconfiguré l’architecture politique et administrative du pays à travers plusieurs réformes structurantes, parmi lesquelles la réforme du système partisan, la révision de la Constitution, la création de la Cour des comptes, la restructuration des finances publiques, la modernisation des infrastructures, le développement de zones industrielles, la réorganisation du secteur agricole ainsi que l’instauration d’un Parlement bicaméral avec la création du Sénat. À ces transformations s’ajoutent des évolutions institutionnelles plus récentes, notamment la mise en œuvre de la trêve politique entrée en vigueur après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 12 avril 2026.
« Ce que nous avons fait est du mérite de nous tous et je voudrais à l’occasion saluer spécialement le Président de la République élu pour le rôle qui a été le sien à notre sein, à l’admiration de nous tous. »
Patrice Talon, Président de la République – Bénin
La trêve politique doit s’étendre sur l’ensemble du septennat et prendra fin douze mois avant les prochaines élections générales prévues entre 2032 et 2033. L’investiture du président élu Romuald Wadagni est prévue le 24 mai 2026 à Cotonou. Le futur chef de l’État accédera officiellement à la magistrature suprême pour un mandat de sept ans, dans un contexte marqué par la poursuite des réformes institutionnelles, l’application progressive de la trêve politique et l’installation du Sénat.



