Chaque année, les crimes environnementaux privent le Cameroun de dizaines de milliards de francs CFA et bouleversent la vie de milliers de personnes. Exploitation forestière illégale, mines clandestines, pollution des rivières ou destruction des écosystèmes : les conséquences sont à la fois économiques, sociales et sanitaires. Face à cette réalité, des communautés touchées et des organisations de la société civile unissent leurs voix pour réclamer une meilleure protection de leurs territoires.
Au Cameroun, les crimes environnementaux continuent de peser lourdement sur les populations et sur l’économie nationale. Chaque année, près de 33 milliards de francs CFA échappent à l’État en raison de l’exploitation illégale des ressources forestières et fauniques, selon plusieurs rapports officiels. Derrière ces chiffres, une réalité qui dépasse les frontières camerounaises : exploitation minière clandestine, déforestation, pollution des cours d’eau au mercure et au cyanure, destruction des mangroves ou encore prolifération des déchets plastiques. Autant de pratiques qui fragilisent les écosystèmes africains et interrogent la capacité des États à concilier exploitation des ressources naturelles et développement durable.
Pour donner un visage à ces statistiques, le Centre pour l’Environnement et le Développement a réuni, les 31 mars et 1er avril 2026, trente-huit représentants des régions du Littoral, de l’Est, du Sud et de l’Adamaoua. Victimes d’activités agro-industrielles, minières, forestières ou de grands projets d’infrastructures, ces participants ont partagé leurs expériences afin de documenter les préjudices subis et d’élaborer un plaidoyer commun. L’objectif : mettre en lumière une crise de gouvernance environnementale dont les conséquences se répercutent directement sur les communautés locales.
Les témoignages dressent un constat préoccupant. Déforestation massive, rivières asséchées, pollution des eaux, disparition d’espèces animales et dégradation de sites culturels se conjuguent à une détérioration des conditions de vie. Les habitants évoquent une recrudescence de maladies, la perte de leurs terres agricoles et de leurs revenus, tandis que les femmes, les jeunes, les enfants et les peuples autochtones apparaissent comme les premières victimes de ces bouleversements. Violences basées sur le genre, déscolarisation, précarité économique et disparition progressive des savoirs traditionnels illustrent l’ampleur des impacts sociaux.
Face à cette situation, les organisations de la société civile multiplient les initiatives pour interpeller les pouvoirs publics et renforcer la responsabilité des entreprises exploitant les ressources naturelles. Leur ambition est de promouvoir une meilleure application des lois environnementales, une gestion plus transparente des concessions et une implication accrue des communautés dans les décisions qui concernent leurs territoires. Au-delà du Cameroun, ces revendications rejoignent un défi partagé par de nombreux pays africains : préserver le capital naturel du continent tout en soutenant une croissance économique durable, inclusive et respectueuse des générations futures.



