Les députés camerounais visent une nouvelle prolongation de leur mandat, cette fois jusqu’au 20 décembre 2026, malgré les critiques de l’opposition et de la société civile. Cette décision qui devrait être adoptée le 23 mars 2026 à l’Assemblée nationale, survient après le report du calendrier électoral et les scrutins majeurs de 2025. Le gouvernement justifie cette mesure par des contraintes financières et organisationnelles.
Au Cameroun, les députés devraient prolonger une nouvelle fois leur mandat jusqu’au 20 décembre 2026, alors que le parlement aurait dû être dissous depuis mars 2025. Le vote sur ce texte, initialement prévu ce 23 mars 2026, pourrait ainsi reporter la dissolution du parlement. Cette décision fait suite au glissement du calendrier des élections législatives et locales annoncé par le président Paul Biya, qui invoque des contraintes financières et organisationnelles pour justifier ce report.
‘’La prorogation du mandat des députés est d’abord un acte légal parce qu’elle a lieu dans le cadre du respect de la loi. Et tout gouvernant se réserve le droit de prendre des décisions légales qui lui permettent d’exercer au mieux sa tâche et sa responsabilité devant le peuple et devant l’histoire. Alors, il n’y a vraiment pas d’obstacle à la loi dans ce contexte dès lors que tout est légal. ‘’
Justin Honoré MONDOMOBE, Expert en intelligence économique – Cameroun
Le projet de loi, reçu par la conférence des présidents et confié à la Commission des lois constitutionnelles prévoit de prolonger le mandat des 180 députés et tous les maires jusqu’au 20 décembre 2026. Selon les autorités, cette mesure, fondée sur l’article 15 de la Constitution, se justifie par l’organisation des scrutins majeurs de 2025, notamment l’élection présidentielle d’octobre et les régionales de novembre, qui ont fortement mobilisé les finances publiques et les structures administratives. La décision permet selon le gouvernement de mieux préparer les futurs scrutins.
‘’ Tout gouvernant a le droit de prendre les décisions qui facilitent l’exercice de son mandat. Il ne devrait donc pas avoir sur le plan de la loi un obstacle du fait des critiques qui sont normales dans une démocratie.Et les critiques, dès lors qu’elles s’exercent dans le cadre de la loi, ont un rôle dans l’échiquier et la mise en œuvre de la politique du pays et dans l’exercice même du jeu démocratique. ‘’
Justin Honoré MONDOMOBE, Expert en intelligence économique – Cameroun
Malgré les justifications officielles, cette prolongation visée nourrit l’inquiétude de l’opposition et d’une partie de la société civile, qui dénoncent un bouleversement répétitif du calendrier électoral et une atteinte à la démocratie.


