En Côte d’Ivoire, la filière avicole tente de s’adapter à la hausse continue du coût des intrants, en particulier des aliments industriels. Un secteur sous pression, marqué récemment par des décisions fiscales controversées : en décembre 2025, l’instauration d’une TVA de 18 % sur l’aliment de volaille avait suscité une forte contestation, avant d’être suspendue dès janvier 2026. Dans ce contexte d’incertitude, les acteurs du secteur cherchent des solutions pour préserver leur activité. Une stratégie de résilience qui illustre les efforts d’adaptation d’une filière clé de l’économie ivoirienne.
En Côte d’Ivoire, les acteurs de la filière avicole s’organisent face à la flambée des coûts des aliments industriels. Après l’instauration en décembre 2025 d’une TVA de 18% sur l’aliment de volaille suspendue en janvier 2026 après une mobilisation face à une mesure fiscale jugée préjudiciable pour le secteur, plus de 500 éleveurs ont été formés en avril 2026, à la production d’aliments pour volailles, une initiative portée par l’Association nationale des aviculteurs modestes, dans un contexte économique particulièrement tendu.
L’aliment représente plus de 70 % des charges et en fin d’année 2025, l’État a supprimé l’exonération qui permettait d’avoir des aliments à des prix supportables. Après cette suppression. Le coût de production a bondi. Acheter chez les industriels devient de plus en plus difficile. Nous venons donc à cette formation pour apprendre à produire nous-mêmes nos aliments, afin de réduire le coût de l’aliment.
VICTOR KOUASSI, Président de l’ANAM
Depuis plusieurs années, la suppression progressive des exonérations sur les matières premières a contribué à alourdir durablement les coûts de production. Résultat : une filière fragilisée, avec de nombreux éleveurs contraints de réduire, voire d’abandonner leurs activités. Aujourd’hui, produire un poulet coûte en moyenne 2 400 FCFA, un niveau jugé trop élevé pour rester compétitif face aux importations. Face à cette réalité, les aviculteurs changent de stratégie. L’objectif est de gagner en autonomie en produisant eux-mêmes leurs aliments.
Nous avons trois grands défis devant nous, d’abord résoudre le problème de l’aliment qui est trop cher, ensuite le prix du poussin qui est désormais très élevé. Le prix est non seulement élevé, mais les poussins sont difficiles à trouver. Donc comment s’organiser pour que nous ayons nos poussins locaux, comment trouver des solutions pour avoir des fermes pour produire nous-mêmes nos poussins et réduire le coût. Enfin comment commercialiser et trouver des marchés pour écouler nos productions.
VICTOR KOUASSI, Président de l’ANAM
Pour les initiateurs, cette approche permet non seulement de réduire les coûts, mais aussi de mieux contrôler la qualité de l’alimentation et d’optimiser la croissance des volailles. À terme, les professionnels espèrent ramener le coût de production entre 1 500 et 1 600 FCFA. Au-delà de la formation, c’est toute une dynamique de résilience qui se met en place. Éleveurs, entrepreneurs et techniciens misent dés



