L’Afrique représente moins de 2 % de la production manufacturière mondiale

À Abuja au Nigeria, vingt pays africains réfléchissent à une nouvelle trajectoire industrielle. Face à la transition énergétique mondiale, le continent veut transformer ses ressources en opportunités économiques. L’enjeu : renforcer la coopération, développer des chaînes de valeur régionales et faire de l’industrialisation verte un moteur de croissance et de création de richesses en Afrique.  

L’industrialisation verte franchit une nouvelle étape sur le continent. À Abuja, les représentants de vingt pays africains veulent consolider une dynamique commune autour de la transition énergétique. L’objectif est de rapprocher les politiques nationales, d’harmoniser les priorités régionales et surtout de créer les conditions d’une coopération durable entre les économies africaines, au-delà des frontières.  Selon la Banque mondiale, le continent représente encore moins de 2 % de la production manufacturière mondiale, malgré une valeur ajoutée industrielle passée de 285 milliards de dollars en 2020 à 351 milliards en 2025. 

Je suis tellement heureux que l’Initiative pour l’industrialisation verte soit enfin devenue une réalité. Nous avons travaillé très dur pour en arriver là aujourd’hui, et il s’agit désormais d’encourager et de capitaliser sur cette dynamique pour garantir un effort collaboratif entre l’Afrique et le reste du monde afin d’élever et de faire progresser le mouvement de la transition énergétique. Je veux dire que si vous regardez ici aujourd’hui, c’est CLAIR, nous renforçons l’engagement des pays et l’alignement des chaînes de valeur régionales. Sans des événements comme celui-ci ou les ateliers qui en découlent, nous ne serions pas en mesure de dynamiser les chaînes de valeur intrinsèques que nous essayons de bâtir. 

Omotenioye Majekodounmi, Directrice générale du Conseil national sur le climat

Cette coopération doit aussi permettre de mieux articuler les chaînes de valeur. Car l’Afrique dispose de ressources stratégiques pour la transition énergétique, mais en exporte encore une large part à l’état brut. Avec une population appelée à dépasser 1,4 milliard d’habitants, le développement d’un marché continental constitue un levier pour stimuler production et transformation locales.  

Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) donne accès à un marché d’environ 1,4 milliard de personnes, notre ambition doit aller au-delà de la simple exportation de matières premières. Nous devons bâtir des industries africaines compétitives, développer des chaînes de valeur intégrées et veiller à ce que les ressources africaines génèrent de la richesse africaine. 

Ekperipke Ekpo, Ministre d’État aux Ressources pétrolières

Cette ambition suppose des investissements importants, des infrastructures adaptées et un accès accru à une énergie fiable et propre. Elle appelle également à une meilleure coordination des politiques industrielles. À terme, l’enjeu dépasse donc la seule transition énergétique : il s’agit pour l’Afrique de transformer son avantage en ressources en capacité industrielle, en emplois et en valeur ajoutée. 

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