À Yaoundé, chercheurs, universitaires et décideurs africains étaient réunis les 07 et 08 mai 2026 pour parler du rôle des mathématiques dans la transformation du continent. Intelligence artificielle, santé, finance numérique, climat, cybersécurité, derrière toutes ces innovations se cachent des modèles mathématiques.Alors que l’Afrique représente la population la plus jeune du monde, les experts appellent à investir davantage dans les sciences et les filières Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques, (STEM ) pour accélérer le développement du continent.
Yaoundé s’est érigé en un carrefour international de réflexion scientifique les 07 et 08 mai 2026. Au centre des échanges : les mathématiques appliquées et leur contribution à la transformation de l’Afrique. Chercheurs, enseignants, étudiants et experts venus de plusieurs pays débattent d’un constat partagé : sans maîtrise des sciences mathématiques, difficile pour l’Afrique de réussir sa transition numérique et technologique. Selon l’UNESCO, moins de 25 % des étudiants africains sont inscrits dans des filières scientifiques et technologiques, alors que les métiers du futur dépendent massivement des compétences en Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques.
On a montré que les mathématiques ce n’est pas simplement le cosinus et autres. Les mathématiques c’est ça les applications concrètes qui a des appuyants sur votre vie mais de tous les jours et c’est ça été ça l’objectif. Et je crois qu’il y a une myriade d’exemples qui qui montraient justement que quand vous prenez la route quand vous construisez un pont, un bateau, quand vous vous allez dans l’agriculture quand vous allez dans la médecine, tout ça ce sont les mathématiques qui sont requises.
Jean- Emmanuel PONDI , Président de la PONDI Foundation – Cameroun
Le continent connaît pourtant une croissance rapide de son écosystème numérique. D’après la Banque mondiale, l’économie numérique a représenté près de 180 milliards de dollars en Afrique en 2025, et vise plus de 700 milliards de dollars à l’horizon 2050. Une transformation qui nécessite des compétences avancées en calcul, statistiques, algorithmique et intelligence artificielle.
Il faudrait que nous, en tant que mathématiciens, nous travaillions avec le gouvernement. C’est-à-dire je peux avoir trouvé des bons résultats et si ces résultats ne sont pas adoptés par un continent ça ne va pas servir à quelque chose. Il faudrait que d’un côté les mathématiciens soient capables d’ obtenir leurs résultats et présenter ces résultats-là au gouvernement pour que le gouvernement essaye de voir comment utilisé ces résultats là pour l’amélioration des vies.
Abdon ATANGANA, Mathématicien, Expert en modélisation mathématique et en IA – Cameroun
Selon la Global System for Mobile Communications Association (GSMA) , l’Afrique concentre plus de 53% des comptes mobile money actifs dans le monde. Derrière ces plateformes financières : des algorithmes mathématiques complexes permettant de sécuriser les transactions et d’analyser les données. Mais plusieurs défis persistent. Dans de nombreux pays africains, les taux de réussite en mathématiques restent faibles et les infrastructures scientifiques insuffisantes.
L’un des problèmes dont souffrent aujourd’hui les écoles d’ingénieurs africaines. C’est vraiment le problème de la qualité de la formation. Les mathématiques sont enseignées mais sans qu’on notifie aux jeunes à quoi servent ces théories qu’on leur inculque. Ça fait donc un décalage réel entre la connaissance fondamentale qui est la leur et la capacité de mise en œuvre qu’on leur confère.
Charles AWONO ONANA, Ingénieur et ancien Directeur de Polytechnique Yaoundé – Cameroun
L’Union africaine estime que plus de 60% des emplois de demain nécessitent des compétences numériques et scientifiques. Pour les experts réunis à Yaoundé, investir dans les mathématiques revient donc à investir dans l’avenir économique du continent.



