À Douala, le Cameroun veut transformer les accords commerciaux en véritables leviers de croissance pour ses entreprises. Experts des douanes, opérateurs économiques et partenaires internationaux participent à un atelier consacré aux règles d’origine, un mécanisme clé pour faciliter les échanges, sécuriser les exportations et renforcer la compétitivité des produits camerounais sur les marchés africains et internationaux.
À Douala, capitale économique du Cameroun, les discussions autour de la maîtrise des règles d’origine prennent une dimension qui dépasse largement le cadre technique. Derrière les procédures et les normes, c’est un enjeu stratégique qui se dessine : permettre aux entreprises camerounaises de mieux conquérir le marché africain et de renforcer leur présence dans les échanges continentaux. En 2023, l’Afrique ne représentait encore que 12,7 % des exportations du Cameroun et 9,5 % de ses importations, un niveau qui reste en deçà des ambitions affichées, alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre un vaste espace commercial de 54 pays et près de 1,4 milliard de consommateurs. Pourtant, première économie de la CEMAC avec près de 40 % du PIB sous-régional, le Cameroun dispose d’atouts majeurs, dont le port de Douala-Bonabéri, par lequel transitent plus de 95 % des échanges extérieurs. Dans ce contexte, la maîtrise des règles d’origine devrait, de l’avis des experts, offrir aux entreprises locales un avantage compétitif, aussi bien sur le marché africain qu’auprès de partenaires comme l’Union européenne.
« Aujourd’hui, la compétition n’est plus seulement régionale. Elle se joue désormais à l’échelle continentale, avec la Zone de libre-échange continentale africaine, mais aussi au niveau mondial. Nos opérateurs économiques doivent être en mesure de rivaliser avec des produits répondant aux mêmes normes internationales et aux mêmes exigences, notamment en matière de packaging. »
AUGUSTE MBAPPÉ PENDA, Directeur général, Conseil national des chargeurs du Cameroun
Organisé par le Conseil national des chargeurs du Cameroun, en partenariat avec l’Organisation mondiale des douanes et l’Union européenne, les travaux de Douala s’inscrivent dans le programme RoO Africa. Il vise à renforcer les capacités des exportateurs, des entreprises de transformation et des organisations professionnelles, afin de mieux comprendre et appliquer les règles d’origine dans les opérations commerciales.
« En ce qui concerne la Zone de libre-échange continentale africaine, six États appliquent aujourd’hui les règles d’origine de manière pleinement opérationnelle. Environ 400 produits sont déjà éligibles au régime préférentiel de la ZLECAf. Ce nombre augmentera grâce aux formations comme celle-ci. »
JACOB KOTCHO, Expert de la CEEAC – CAMEROUN
« Tous les produits sont concernés. On parle ici de lignes tarifaires, soit environ 5 600 lignes de produits qui bénéficient de réductions tarifaires et des règles d’origine associées. »
GUILLAUME GEROUT, Expert de l’Organisation mondiale des douanes – FRANCE
Premier d’une série de trois ateliers, ce programme ambitionne de faire des règles d’origine un véritable levier de compétitivité, d’industrialisation et d’intégration économique, afin de renforcer la position du Cameroun comme hub logistique et commercial majeur de l’Afrique centrale.



