C’est une journée de recueillement et d’affirmation politique au Burkina Faso. Trente-neuf ans jour pour jour après l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et de ses douze compagnons, la nation burkinabè a rendu un hommage officiel et militaire à ses héros au Mémorial de Ouagadougou le 15 octobre 2026. Un anniversaire qui résonne fortement avec l’actualité du pays, engagé dans une quête affirmée de souveraineté.
Trente-neuf ans après la trajectoire brisée du 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso. Au Mémorial Thomas Sankara, sur les lieux du drame où sont tombés le capitaine Thomas Sankara et douze de ses compagnons, le souvenir s’est transformé en doctrine d’État. Lors de cette journée, dédiée au recueillement, les autorités burkinabè ont rendu hommage aux héros de la Révolution démocratique et populaire de 1983, baptisée Révolution progressiste populaire dans une continuité idéologique directe et un contexte de reconquête territoriale.
Camarades, la meilleure manière de rendre hommage à feu le capitaine Thomas Sankara et aux autres victimes des événements tragiques du 15 octobre et les jours d’après n’est pas de les pleurer, mais plutôt de poursuivre leur combat. Ce combat, vous accomplissez déjà sous le théâtre des opérations au front, dans les champs, dans les usines, dans les ateliers, dans les salles de classe, dans les médias, sur les réseaux sociaux et j’en oublie. Je saisis cette occasion pour traduire la reconnaissance du peuple burkinabé à la municipalité du troisième arrondissement de Rome qui a baptisé un parc au nom du héros de la nation burkinabè.
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, Premier ministre
Ouvert au public en mai 2025, le mémorial Thomas Sankara a déjà franchi la barre des 200 000 visiteurs. Un succès populaire qui finance directement l’extension des infrastructures grâce aux contributions citoyennes. L’icône panafricaine du consommer local et de l’autosuffisance alimentaire est devenue le carburant moral d’une jeunesse en quête absolue de souveraineté.
Moi j’ai servi ici pendant plus de dix ans, on ne pouvait pas parler de Sankara, on ne pouvait pas imaginer qu’un jour on vienne s’asseoir ici et parler de Sankara. Et voilà qu’aujourd’hui Sankara est renaît, c’est comme le phoenix qui est renaît de ses cendres. Même si aujourd’hui on venait de partir, au moins c’est avec un cœur plein de joie.
Babou NAON, Sergent à la retraite
Alors que le Burkina Faso et ses voisins du Sahel redessinent leur souveraineté, la figure de Thomas Sankara n’a jamais semblé aussi moderne. Des parcs de Rome jusqu’aux rues de Ouagadougou, le nom de Sankara représente le symbole universel de la dignité africaine. Pour cette jeunesse burkinabè engagée, le capitaine n’appartient plus au passé : il est la boussole d’un pays en pleine refondation.



