Brazzaville accueille du 25 au 29 mai 2026 les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD). Dans un contexte économique mondial tendu (géopolitique, rareté des financements, coût de la dette), chefs d’État, ministres et experts réfléchiront cinq jours durant aux mécanismes pour financer durablement le développement africain, tout en soulignant les efforts croissants d’autofinancement du continent.
Brazzaville, capitale de la République du Congo, accueille les 61èmes Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, devenant ainsi l’épicentre des discussions économiques africaines.
Présidé par Sidi Ould Tah, l’événement rassemble chefs d’État, gouverneurs de banques centrales, ministres, responsables financiers internationaux et investisseurs.
L’objectif principal est de mobiliser des ressources massives pour financer le développement de l’Afrique, dans un contexte mondial fragmenté.
La BAD estime que l’Afrique doit réunir plus de 1 300 milliards de dollars par an pour atteindre les ODD d’ici 2030.
« L’Afrique a besoin chaque année de 130 à 170 milliards de dollars pour répondre à ses besoins en infrastructures, avec un déficit de financement estimé entre 68 et 108 milliards de dollars par an. Le continent offre certaines des plus grandes opportunités d’investissement au monde dans l’énergie, la logistique, les infrastructures numériques, les systèmes alimentaires et les minéraux critiques. Pourtant, l’Afrique ne reçoit que moins de 1 % des flux d’investissements directs étrangers. »
SIDI OULD TAH, Président de la BAD – Mauritanie
Mais face à la diminution des financements traditionnels et à la pression de la dette, l’Afrique cherche désormais à compter davantage sur ses propres ressources.
Plusieurs pays multiplient les réformes pour améliorer la mobilisation des recettes fiscales, renforcer la gouvernance économique, moderniser leurs systèmes financiers et attirer davantage d’investissements privés.
La BAD estime d’ailleurs que le continent pourrait mobiliser jusqu’à 1 430 milliards de dollars de ressources domestiques grâce à des politiques adaptées et une meilleure gouvernance. Des efforts visibles également dans les investissements engagés par les États africains dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, le numérique ou encore l’intégration régionale.
« Pour mobiliser davantage l’épargne africaine et les capitaux internationaux au service de projets structurants, il nous faut approfondir nos marchés financiers, renforcer nos institutions régionales, développer des instruments de garantie, de partage des risques et de financement mixte. »
DENIS SASSOU-NGUESSO, Président de la République – Congo
L’Afrique entend aussi capitaliser sur ses immenses richesses naturelles : près de 60 % des terres arables restantes dans le monde, plus de 30 % des réserves mondiales de minerais stratégiques et près de 45 % du potentiel technique mondial en énergies renouvelables.
Pour le Congo, pays hôte, ces Assemblées représentent une vitrine diplomatique et économique majeure, mais aussi l’occasion d’affirmer la place de l’Afrique centrale dans les grands débats sur le financement du développement.



