Face à l’urgence climatique, l’Afrique de l’Ouest cherche de nouveaux moyens de financement. La CEDEAO estime à 294 milliards de dollars les besoins de la région et mise sur les marchés du carbone pour mobiliser davantage de ressources. Une plateforme régionale est ainsi en préparation pour mieux valoriser le potentiel environnemental des États membres.
L’Afrique de l’Ouest fait face à une forte vulnérabilité au changement climatique. Hausse des températures, dégradation des terres et déplacements de populations : près de 32 millions de personnes pourraient être contraintes de se déplacer à l’intérieur de leur pays sous l’effet du dérèglement climatique. Pour faire face à ces défis, la région estime ses besoins en financement climatique à près de 294 milliards de dollars. C’est dans ce contexte que la CEDEAO travaille à la mise en place d’une plateforme ouest-africaine du marché du carbone.
Face à un besoin de 294 milliards de dollars pour le climat, les pays de la CEDEAO doivent faire de l’action environnementale une priorité budgétaire nationale. La protection de l’environnement, l’écologie et le développement durable doivent ainsi être intégrés de manière systématique dans la planification et la mise en œuvre de chaque projet public, qu’il s’agisse de la construction d’infrastructures routières, portuaires ou aéroportuaires, de l’aménagement urbain ou de la rénovation des quartiers.
KERWIN MAYIZO, Analyste politique
Pour répondre à ce besoin, la CEDEAO mise sur les marchés du carbone. Avec plus de 350 millions d’hectares de terres agricoles, des forêts et des mangroves, la région dispose d’un fort potentiel. Mais les insuffisances réglementaires et techniques limitent encore l’accès aux financements climatiques.
Quant à savoir si le marché du carbone constitue une ressource pérenne pour financer la lutte contre le changement climatique, la réponse est non : il s’agit d’une solution complémentaire et non durable. La priorité doit être de se reposer sur nos propres ressources, au travers des budgets nationaux et des fonds communautaires de la CEDEAO. Les marchés carbone, qui s’apparentent largement à du colonialisme vert, doivent être considérés uniquement comme un levier d’appoint, et non comme le pilier principal.
KERWIN MAYIZO, Analyste politique
Depuis 2024, la CEDEAO œuvre à la création d’une plateforme régionale du marché du carbone. Elle vise à harmoniser les règles et à faciliter la mobilisation de financements climatiques, notamment à travers les mécanismes prévus par l’article 6 de l’Accord de Paris.pour mobiliser davantage de ressources. L’objectif : transformer le potentiel environnemental de l’Afrique de l’Ouest en une source durable de financement de l’action climatique.



