La 7ᵉ édition des Financial Afrik Awards (FAA) s’est tenue à Banjul les 22 et 23 janvier 2026, réunissant décideurs et experts. L’événement a traité de l’urgence des « Partenariats Public-Privé (PPP) » comme alternative soutenable et adéquate à l’endettement public. Ce thème répond au contexte africain marqué par la pression budgétaire et la hausse des taux d’intérêt. L’objectif est de dégager des solutions concrètes et des modèles réglementaires pour le financement du développement. Le défi majeur du continent est de développer et professionnaliser l’industrialisation des PPP. Grâce à son potentiel démographique et économique (estimé à 8 000 milliards de dollars d’ici 2030), l’Afrique se positionne comme un partenaire stratégique mondial.
La capitale gambienne, Banjul, a été les 22 et 23 janvier l’épicentre des débats économiques africains à l’occasion de la 7e édition des Financial Afrik Awards. Dans le cadre prestigieux du Centre des Conférences Sir Dawda Kairaba, l’événement a réuni plus de 400 délégués, représentant 22 nationalités, autour des enjeux cruciaux du continent. Placée sous la haute présidence du Chef de l’État gambien, Adama Barrow, cette édition a été dominée par une thématique brûlante : Les PPP, alternative à la dette publique”. Banquiers, ministres et leaders d’institutions ont échangé durant deux jours pour dégager des solutions concrètes face à la pression budgétaire et la hausse des taux d’intérêt qui pèsent sur les économies africaines. L’objectif affiché de la conférence est clair : élaborer des modèles réglementaires robustes pour le financement du développement. Comme l’a souligné le Président Adama Barrow lors de l’ouverture officielle
Dans ce contexte, les Partenariats Public-Privé, le financement mixte et les structures d’investissement innovantes sont essentiels à la mise en œuvre du développement durable. Cet événement est une plateforme critique pour dépasser le simple dialogue et se concentrer sur des solutions pratiques et bancables, capables de mobiliser les capitaux privés pour le financement du développement et de générer un impact mesurable”
Adama Barrow, Président de la République – Gambie
En écho à cette urgence, Adama Wade, Directeur de publication de Financial Afrik, a insisté sur le rôle fondamental des infrastructures.
“Remercier déjà le président Adama Barrow de la Gambie, d’avoir non seulement présider à l’inauguration officielle de cette 7e édition des Financial Afrik Awards mais surtout d’avoir rappelé une maxime, une urgence. C’est qu’ il n’y a pas de développement sans infrastructures. Et là c’est vraiment le cadre de cet évènement qui porte sur le partenariat public privé comme alternative à la dette publique. Comme l’a dit le président, on ne peut pas envisager de réaliser le dividende démographique, donner une perspective à nos jeunes, donner un futur brillant à l’Afrique si on ne résout pas cette question fondamentale des infrastructures. »
Adama Barrow, Président de la République – Gambie
Les discussions ont également porté sur l’impératif de sécuriser le secteur privé. Mohamed H’midouche, CEO d’Inter Africa Capital Group (IACG), a rappelé la nécessité d’établir un cadre juridique favorable et d’assurer la stabilité pour attirer les investisseurs .
“On a évoqué aussi des questions liées au cadre juridique qu’on doit mettre en place pour promouvoir les PPP afin de sécuriser le secteur privé national , régional et international. Parce qu’il ne faut pas l’oublier on est en compétition avec les autres régions du monde. Donc pour rendre l’Afrique attractive, il faut avoir la stabilité politique, il faut avoir la démocratie, un bon système de gouvernance. Il faut donner confiance aux investisseurs parce que le capital, il a peur, il va là ou il se sent à l’aise, en bonne sécurité.”
Mohamed H’midouche, CEO Inter Africa Capital Group (IACG) – Maroc
Si la confiance et le cadre légal sont primordiaux, des entrepreneurs africains soulignent également la maturité de certains projets privés, qui n’attendent que des facilitations pour se déployer. Pierre Atépa Goudiaby, Président-directeur général du Groupe Atépa Sénégal, a partagé une perspective d’autonomie financière pour les projets industriels.
“Les projets que nous avons ce sot des projets rentables, quand je parle des routes de l’acier, de l’aluminium qui consisterait à produire nous même puis que nous avons les matières premières, notre acier et notre aluminium, mais on n’a pas besoin de l’Etat. Mais c’est à l’Etat de faire son devoir également de nous introduire voire de nous faciliter l’introduction auprès des pays et de nos collègues étrangers pour que ce partenariat là puisse se faire. C’est là ou il y a un problème que j’espère que ce séminaire peut aider à résoudre. »
Pierre Atépa Goudiaby , Président-directeur général du Groupe Atépa – Sénégal
La conférence a culminé avec le dîner de gala, moment fort de la remise des prix par le Jury des Financial Afrik Awards. Au total, 11 distinctions ont été décernées aux acteurs majeurs de la finance et de l’économie africaine. L’une des récompenses les plus prestigieuses, le prix d’Économiste de l’Année 2025, a été remis au Marocain Mohamed H’midouche, CEO d’Inter Africa Capital Group (IACG). Le jury a salué sa contribution exceptionnelle aux politiques économiques du continent. Recevant son trophée, il a exprimé sa gratitude et son honneur de représenter le continent.
“La catégorie à laquelle j’ai été primé, c’est celle de l’économiste de l’année 2025, au niveau du continent africain. Donc le meilleur économiste africain de l’année, que le jury a bien voulu m’accorder. J’ai reçu ce trophée avec beaucoup d’émotion, avec beaucoup d’humilité et d’amour parce que c’est une reconnaissance à une carrière internationale que j’ai entamée il y a plus de 40 ans, au sein du groupe de la banque africaine de développement. je continue, depuis que je suis parti à la retraite, à servir le continent africain qui représente mon ADN”
Mohamed H’midouche, Directeur général d’Inter Africa Capital Group (IACG) – Maroc
Une autre figure du Maroc a été mise à l’honneur : Latifa El Abdellaoui, General Manager de The Islamic Center for Development of Trade. Elle a reçu le prix du Leadership du Commerce et de l’Intégration Africaine pour son action en faveur des échanges interafricains.
“ C’est un prix qui, vraiment, me fait énormément de plaisir. Je suis hyper contente, vraiment, parce que c’est exactement ce que je fais tous les jours. Et ce qui me motive tous les jours, c’est de contribuer à l’intégration économique africaine en termes de commerce, d’économie et d’investissement. ”
Latifa El Abdellaoui , Directrice générale, Centre islamique pour le développement du commerce – Maroc
L’événement a réaffirmé le potentiel démographique et économique de l’Afrique, dont le PIB est estimé à 8 000 milliards de dollars d’ici 2030, confortant sa position de partenaire stratégique mondial. Les Financial Afrik Awards se confirment ainsi comme une plateforme essentielle pour forger l’avenir financier du continent.


