Bénin : « Nǔ masà masà », une exposition sur les traces de l’humanité

Présentée du 17 juin au 26 juillet 2026 à l’Institut français du Bénin, l’exposition Nǔ masà masà marque l’aboutissement du projet Ayĭ Kàn, porté par l’artiste visuelle Sènami Donoumassou. Lauréate du Prix James Barnor 2022 et distinguée par le musée du Quai Branly – Jacques Chirac en 2024, elle poursuit une réflexion sur les liens qui unissent l’humanité à la Terre. Installations, vidéos, dessins, créations sonores et dispositifs interactifs composent un parcours qui invite le visiteur à interroger sa propre place dans le monde.

Dans la langue fon, Nǔ masà masà signifie « ce qui ne se vend pas ». Un titre qui donne le ton d’une exposition consacrée à ce qui échappe aux logiques marchandes : la Terre, la mémoire, la spiritualité et les héritages transmis de génération en génération. À travers ses œuvres, Sènami Donoumassou questionne les relations que les sociétés contemporaines entretiennent avec leur environnement et les traces qu’elles laisseront aux générations futures.

« Ce que j’exprime ce soir, c’est des questionnements qui sont liés à la thématique principale du cycle de programmation que j’ai proposé à l’Institut français sur la saison artistique 2025 2026, à savoir en fait nos liens à la terre et à travers l’expression Nou masa masa, masa masa qui, en fon, veut dire ce qui ne se vend pas, ceux avec qui on ne peut pas commercer , on ne peut pas vendre. En fait, je questionne aujourd’hui nos liens à la terre, au présent, les humains que nous sommes, le système dans lequel nous vivons, ce que ce système l’a fait de la terre et ce que ce que nous voulons laisser aussi comme traces, en fait en lien avec cette terre. Et voilà. »

Sènami Donoumassou, Artiste visuelle  Bénin

Le cheminement proposé au public s’appuie sur des symboles forts. Les jarres en terre cuite, utilisées depuis des millénaires dans de nombreuses civilisations, représentent la Terre et la mémoire collective. Le charbon, matériau omniprésent dans son travail, renvoie à la notion de trace et de permanence. Face à ces éléments ancestraux, le numérique s’invite également dans l’exposition à travers écrans, tablettes et dispositifs contemporains. Un dialogue s’installe entre héritage et modernité, entre les savoirs anciens et les réalités technologiques du présent. Pour l’artiste, ces éléments racontent une même histoire, celle du chemin parcouru par l’humanité et des interrogations qui accompagnent son avenir.

« Je pars justement de cette jarre là pour en arriver au numérique, aux tablettes et aux téléphones sur lesquels nous sommes en fait donc pour moi, tout, tout est un discours qui s’enchaînent, qui s’emboîtent et qui est tout à fait logique au regard de ce que nous portons de notre passé, de notre présent et de ce qui sera notre futur. Je travaille avec la suie, qui est un résidu de carbone, et le charbon pour ceux qui le savent c’est du carbone aussi tout ce qui est organique contient du carbone. La datation au carbone c’est ce qui permet de dire  qu’un objet à telle trace donc le charbon  c’est justement une manière de renvoyer à cette notion de la trace et à ce qui restera de nous s’il y a des générations futures ou des civilisations à venir quelle lecture ces civilisations feront de la trace que nous aurons laissé en fait aussi.  « 

Sènami Donoumassou, Artiste visuelle  Bénin

Pensée comme une expérience immersive et participative, Nǔ masà masà invite chacun à devenir acteur de sa propre réflexion sur la mémoire, l’environnement et la transmission. À travers cette exposition, Sènami Donoumassou espère susciter le dialogue et encourager le public à s’approprier ces questionnements universels. 

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