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CEDEAO REPORT – Dossier : 10 milliards USD d’échanges non comptabilisés

En Afrique de l’Ouest, la construction d’un véritable marché commun reste un objectif encore inachevé, malgré des décennies d’engagements au sein de la CEDEAO. En Côte d’Ivoire, la Commission régionale a ouvert une série de réunions techniques consacrées à l’investissement, au commerce alimentaire et aux politiques migratoires, dans l’espoir de lever les freins persistants à l’intégration économique. Une initiative qui intervient dans un contexte où la région, pourtant riche de son potentiel agricole et commercial, continue de faire face à de fortes disparités et à des obstacles structurels majeurs.

Depuis des décennies, l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest, portée notamment par la Communauté économiques des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), reste freinée par plusieurs contraintes structurelles, notamment l’instabilité politique, la sécurité et les barrières commerciales persistantes. Ce qui limite également la mise en place d’un véritable marché commun. Les rencontres s’intensifient au sein de la communauté, pour tenter de lever les obstacles à sa construction. À Abidjan, la CEDEAO a engagé le 27 avril 2026, une série de réunions autour de thématiques clés dont l’investissement, le commerce alimentaire et les politiques migratoires qui a pour but d’accélérer la mise en place à travers une meilleure harmonisation des cadres législatifs nationaux.

“Chaque année, nous organisons plusieurs conférences réunissant des experts afin d’analyser les enjeux liés aux dynamiques migratoires dans la région. Ces échanges portent notamment sur la gestion des frontières, la mobilité de la main-d’œuvre, les migrations, ainsi que les questions environnementales et climatiques. Toutefois, au-delà de ces rencontres, il est essentiel d’aller plus loin en impliquant davantage les hauts responsables, afin d’assurer une meilleure articulation entre les travaux des experts et la prise de décision.  ‘’

ALBERT SIAW-BOATENG, Directeur des migrations à la Commission de la CEDEAO Ghana

Alors que la région a enregistré une production céréalière record de 80 millions de tonnes en 2025, l’Afrique de l’Ouest reste confrontée à une insécurité alimentaire persistante. Pourtant, le potentiel existe. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le commerce alimentaire intra-régional en Afrique de l’Ouest représente déjà près de 10 milliards de dollars par an, avec des flux capables de couvrir les besoins alimentaires de dizaines de millions de personnes. Face à ces défis, la réduction des coûts du commerce régional apparaît désormais comme un enjeu de souveraineté économique. 

«Nous devons donc veiller à ce que les mesures mises en place répondent aux besoins de ces catégories de personnes. L’une des mesures clés consiste à mettre en place des régimes commerciaux simplifiés qui permettront des procédures plus simples, moins coûteuses et plus rapides pour les petites entreprises qui n’ont pas les moyens de faire face à la lourdeur administrative qui peut exister aux frontières.» 

KOLAWOLE SOFOLA, Directeur du Commerce de la CEDEAO Nationalité

Un enjeu stratégique au moment où l’Afrique mise également sur la Zone de libre-échange continentale africaine pour accélérer le commerce entre États du continent. En dépit des tensions politiques et sécuritaires, des États comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana réaffirment leur engagement en faveur de l’intégration régionale, présentée comme une responsabilité collective au service des populations. L’objectif est de fluidifier les corridors commerciaux, moderniser les infrastructures de transport, harmoniser les réglementations douanières et accélérer la digitalisation des échanges.

« Il s’agit d’un engagement politique de haut niveau, fondé sur le travail accompli par les équipes techniques en matière de données migratoires, de gestion des frontières et de coordination. Nous en avons aujourd’hui une illustration concrète. Cette dynamique permettra à l’Afrique de l’Ouest, en tant que région, de passer des politiques à la pratique, afin de garantir que les engagements pris soient effectivement mis en œuvre. » 

DIMANCHE SHARON, Cheffe de mission à l’OIM Ouganda

Selon le club Sahel/Afrique de l’Ouest de l’OCDE, on note près de 10 milliards de dollars qui échapperaient aux statistiques officielles, concernant le commerce en Afrique de l’Ouest.

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