La mode africaine gagne du terrain sur la scène internationale, portée par un marché en forte croissance. Mais derrière cette dynamique, le secteur reste fragile et dépendant des importations. Face au manque de formation et de main-d’œuvre qualifiée, des initiatives locales émergent. En Côte d’Ivoire, l’école Michèle Yakice s’impose comme un acteur clé de cette transformation.
Portée par un marché estimé à plus de 30 milliards de dollars et une croissance annuelle d’environ 10 %, la mode africaine s’impose progressivement sur la scène internationale. Pourtant, derrière ce dynamisme, le secteur reste fragilisé par une faible transformation locale et une dépendance persistante aux importations de produits finis.
‘’ il faut que l’on considère la mode comme un secteur qui peut engranger de l’argent. Ça, c’est important. Ce sont de vrais métiers. Donc, on crée un écosystème, un tissu de sorte qu’on ait des zones franches avec des entreprises qui peuvent embaucher, que nous-mêmes, nous puissions consommer ce que nous produisons. Si nous consommons seulement tout ce qui vient de l’étranger, on ne va jamais rendre autonome nos créateurs. ‘’
Caroline Okei, Directrice des Études de l’école internationale Michèle Yakice – Côte d’Ivoire
Face à ce déficit en capital humain avec un indice estimé à 0,4 des initiatives émergent pour structurer la formation. En Côte d’Ivoire, l’École internationale de formation professionnelle Michèle Yakice s’impose comme un acteur clé depuis sa création en 1998 par la styliste éponyme. L’établissement accueille chaque année plusieurs centaines d’apprenants en stylisme, modélisme et couture, tout en développant une vision industrielle du secteur. À travers son incubateur Grain de Mode, de petites promotions d’environ neuf créateurs par cohorte sont formées à l’entrepreneuriat, au marketing et à la gestion de marque, avec pour ambition de faire émerger une nouvelle génération de créateurs-entrepreneurs.
‘’ l’idée pour nous, c’est de voir la profession autrement, la formation autrement. Certes, on forme aux techniques de base, sur le patronage, le stylisme, le modélisme, mais on donne des notions d’entrepreneuriat, des notions de comptabilité, des notions de gestion de marques, des notions de comment réaliser des collections, de sorte que, si sur le marché, l’élève qui a fini la formation n’arrive pas à trouver un emploi auprès d’autres créateurs, il puisse lui-même être un entrepreneur et il se développe ainsi. ’’
Caroline Okei, Directrice des Études de l’école internationale Michèle Yakice – Côte d’Ivoire
Dans un secteur dominé à près de 90 % par l’informel, cette approche apparaît comme un levier stratégique. En Côte d’Ivoire, malgré un vivier créatif important, la professionnalisation reste un défi majeur. En formant chaque année de nouveaux talents et en favorisant l’auto-emploi, l’école Michèle Yakice contribue à alimenter le marché local en professionnels qualifiés. Ses diplômés évoluent aujourd’hui comme stylistes, créateurs de marques ou collaborateurs d’ateliers, illustrant une transformation progressive : celle d’une mode africaine plus structurée, compétitive et tournée vers l’international.



